Un DRH, peut il désobéir ?

Cette question est d’une naïveté confondante. Elle pourrait avoir été posée par un enfant.
La réponse sera de la même tonalité.
Et puis, la vérité ne sort elle pas de la bouche des enfants ?

Bien sûr que non, un DRH ne peut pas désobéir !
Il ne manquerait plus que ça !
C’est comme si vous vous demandiez si un juge peux violer la loi, un gendarme , piquer dans la caisse, un policier de la route, rouler en excès de vitesse .

Car, le DRH est le représentant de l’ordre dans l’entreprise. Par ses notes de service et les accords qu’il contribue à faire signer aux partenaires sociaux, il ajoute lui-même à l’arsenal juridique du code du travail et de la jurisprudence.
Proche de la direction, il est souvent amené à être le porte parole du patron, et donc, des positions du patron.
Nos amis nord américains disent même que le HRD est chargé de renforcer « the employer/employee brand » de manière à faire flotter aussi haut que possible , le drapeau de l’entreprise .
Donc, selon cette conception, un bon DRH se doit d’être en alignement complet avec toutes les positions qu’a prises, prend ou prendra son directeur .
Il suffit qu’il passe prendre ses ordres tous les matins, ou bien, mieux encore, qu’il soit télépathiquement en phase avec les pensées de son patron.

D’accord, mais alors il n’est pas libre ?
Si , il est libre de se comporter selon le manuel de l’entreprise.
Sinon, il ne fallait pas qu’il s’engage dans ce métier et dans cette entreprise.
D’accord, mais moi, j’avais une autre idée du métier de DRH.
J’avais même une autre idée de la vie tout court.
Je croyais qu’un homme reste libre, tout le temps, de dire ce qu’il pense, à défaut de faire tout ce qu’il aurait voulu faire.

Est ce qu’un DRH, comme un militaire, peut refuser d’ exécuter un ordre illégal ou contraire à la dignité humaine ?
Oui, il peut et même, il le doit.
Mais alors , il risque de se trouver dans une position délicate si on lui demande de licencier quelqu’un sans raison ?
Mais alors, il risque d’être obligé de faire des choses qu’en sa conscience, il condamne ?

Oui, il risque et même celà lui arrivera souvent.
Parce que l’économie est aveugle à ces considérations.

Est-ce qu’au moins, il pourrait adopter une position médiane, genre mi chèvre, mi choux ?
Est-ce qu’il pourrait proposer d’autres solutions que celle qui semble inévitable ?
Oui, il pourra et même, c’est ce qu’il fera le plus souvent, mais seulement s’il est courageux.
Car la plupart du temps, il laissera les choses aller et n’osera pas affronter le pouvoir en face.

Ainsi va la vie d’un DRH, naviguant difficilement entre une posture d’exécuteur des consignes de la direction et une posture de conseiller/ résistant.

L’action du DRH
Ce commentaire trouvera écho en fonction du bois dont vous êtes fait.
Le DRH, c’est, ce devrait être, l’homme de l’équilibre, du raisonnable, du juste et du sage, du vrai.
Votre ” résistance” , d’ailleurs, peut changer de sens , selon l’organisation où vous travaillez : En faveur de l’intérêt général, si vous êtes dans la sphère étatique, en faveur des salariés si vous êtes dans une entreprise ultra capitaliste.
Si ces arguments ne vous convainquaient pas, rappelez vous, avant de vous endormir le soir, que la vie est trop courte, pour accepter de la gâcher, en acceptant d’obéir, tout le temps !

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