Manager, homme de bien ou de bonne volonté,honnête homme
L’Homme de bien
Cette expression, un rien désuète, entendue dans mon enfance, nous entraîne très loin en arrière
L’homme de bien qu’on m’a appris à connaître , c’était celui qui réunissait toutes les vertus :
L’homme de bien était bon père et bon mari
L’homme de bien donnait aux pauvres
L’homme de bien « arrangeait les choses » dans un conflit de voisinage
L’homme de bien était modeste
L’homme de bien « faisait le bien » sans en tirer gloire
L’homme de bien brillait plus par ses vertus que par ses performances
Ce qu’on remarquait chez lui et qui en faisait un modèle , ce n’était pas ses études brillantes, ni sa position sociale, ni l’épaisseur de son compte en banque, ni le nombre de ses employés, ni sa proximité avec les Grands et les Puissants
Son veston n’était orné d’aucune médaille
L’homme de bien mourait sans bruit entouré de ses proches après avoir vécu une vieillesse silencieuse et attentive aux autres
Mais l’une de ses vertus semblait prédominer sur les autres : la générosité
Être un homme de bien consistait surtout à aider les autres quand ils étaient dans la difficulté
Mais tout cela sent fort ‘le tour de France de deux enfants” et la guerre 14/18 ….
A la rubrique ” homme de bien” de wikipédia, on trouve un who’s who qui ressemble assez peu à la définition que j’en donne….
L’homme de bonne volonté
L’homme de bonne volonté se remarque moins par sa générosité que par sa capacité à être un faciliteur. Quel que soit le problème posé, l’homme de bonne volonté réagit de sorte que tout soit fait de sa part afin qu’une solution équitable soit trouvé
L’homme de bonne volonté est un médiateur idéal . Si tous les négociateurs étaient dans la disposition d’esprit de l’homme de Bonne volonté, tous les conflits trouveraient aisément une solution
L’homme de bonne volonté est un semeur de paix .
L’honnête homme
Selon wikipedia,” L’honnête homme est un être de contrastes et d’équilibre. Il incarne une tension qui résulte de cette recherche d’équilibre entre les exigences de la vie et celles de la pensée, entre les vertus antiques et les vertus chrétiennes. Il lui faut fuir les excès, même dans le bien. En un mot, il est un idéal de modération et d’équilibre dans l’usage de toutes les facultés. L’honnête homme est un généraliste . Il s’oppose ainsi au « “spécialiste” (en grec, idiôtès: celui qui s’enfermant dans un savoir unique, devient stupide, idiot)[2].»
Cette conception de l’Honnête homme renvoie au principe de Montaigne voulant qu’il est préférable d’avoir «la teste bien faicte que bien pleine».
En regardant la coupe d’Europe l’autre soir, j’ai vu bien peu d’honnêtes hommes et beaucoup de tricheurs…
Chacun , tour à tour, tire ou pousse , accroche ou crampoche , simule et gémit fort …
Quelle que soit le pays, l’équipe ou l’arbitre, il semble que la triche ordinaire fasse partie du jeu
La seule chose qui compte c’est de marquer et de gagner par tous moyens
Si les footballeurs sont des modèles, notre conception du monde et de la morale a bien changé.
Dans les entreprises, il y a t il une place pour les hommes de bien ou de bonne volonté, pour les honnêtes hommes ?
La pression de l’intérêt , pas seulement financier, pousse tout le monde à ne pas se comporter en honnête homme :
Je dis tout le monde car on jette souvent l’opprobe sur les Dirigeants, mais 35 ans d’entreprise m’ont appris que tout le monde croquait de la triche pour son intérêt, quels que soient les secteurs , public ou privé, et les hommes, managers ou salariés, syndicalistes compris.
Mais c’est aux managers que nous nous intéressons ici
Les comportements observés les éloignent souvent du modèle de l’honnête homme :
- Remonter des résultats déjà confortables en réduisant de manière drastique la masse salariale par licenciements ou augmentations pesées au trébuchet,
- Sacrifier ses subordonnés ou l’intérêt général, en concédant sans justification à des syndicats , pour éviter un conflit préjudiciable à sa carrière,
- Passer du temps et consacrer les moyens de l’entreprise à se faire une image flatteuse auprès de l’environnement,
- Faire porter le chapeau de ses échecs à ses subalternes, les humilier si nécessaire ,
- Sacrifier les exigences du professionnalisme pour arranger la situation de salariés qui disent du bien de vous ou vous rendent « des services »
- “Saquer » ceux qui vous ne plaisent pas
- Faire la chasse aux syndicalistes
La liste est longue
L’entreprise, me direz vous, est faite pour promouvoir les performances, pas les mérites !
Car beaucoup méritent mais présentent un faible résultat
j’ai d’ailleurs souvent remarqué que la nature avait si bien fait les choses que les vertueux et méritants étaient souvent peu performants et les performants souvent peu vertueux…
Pourtant, science sans conscience n’est que ruine de l’âme ….
A force de sacrifier les moyens au résultat, tout y passe : votre dignité, celle que vous devez aux autres, une certaine idée que vous vous faites du sens de votre existence, tout simplement
Car vote courbe de vie ne rejoint pas celle du cash flow,
A un certain moment, elles se séparent
Elle demeure, vous partez …
L’homme de bien ou l’honnête homme d’aujourd’hui , devenu manager, saurait concilier ce qui appartient à César et ce qui revient à Dieu
L’action du DRH
Ce monde n’est pas fait pour les niais
Néanmoins, il n’est pas vrai qu’un DRH ne puisse jamais faire quelque chose qui aille dans le sens du vrai, du juste, de l’équitable
Des occasions multiples , petites ou grandes, vous sont toujours données
A vous de les saisir avec le pouvoir dont vous disposez
A vous d’influencer les autres pour que ce monde soit un peu moins cynique.