Les ennuis de la transparence,

La récente affaire EDvIGE, ce fichier sur les personnes susceptibles de nuire, destiné à protéger les citoyens, nous rappelle que la transparence n’est pas sans inconvénient.
Et j’en connais plus d’un au gouvernement qui doit regretter le ron ron du service des renseignements généraux et leurs notes secrètes, comportant bien plus que les informations prévues dans le fichier EDWIGE.
Tout le monde se rappelle de la cellule secrète du président Mitterand et du capitaine Baril.

Pour nous, DRH, cette affaire souligne le choix que nous avons à faire souvent entre « garder une information secrète » ou la rendre publique, sachant qu’il faudra s’en expliquer et risquer une polémique.
Pas seulement s’en excuser d’ailleurs, car, dans ce cas, il faut aussi convaincre.
L’officialisation du fichier des RG pose problème , moins dans son principe, que dans la pertinence de son contenu .
Les occasions de choisir entre le secret et la transparence sont nombreuses pour un DRH :
Le principe de calcul des augmentations et des primes
La grille des salaires réels
Les principes de recrutement et de promotion interne
Le contenu du journal d’entreprise
Les décisions du comité de direction
Etc……………
Faire la maison de verre » était un principe de management fort recommandé par un ex patron du plazza Athénée, Paul Bougenaux, qui l’a d’ailleurs payé de sa place…
Et il avait bien raison, tellement il y a d’avantages à dire la vérité et à la partager.
Car, sans confiance forte entre managers et salariés, il ne peut y avoir de management qui tienne.
Il y aura de la surveillance et de la contrainte, de la peur, de la discipline, c’est tout.
Or, la transparence est la condition de cette confiance.
Et comme la confiance ne se partage pas, très peu de choses peuvent et doivent rester cachées.
La force du patron transparent, c’est de dire à ses salariés « j’ai de gros problèmes, je vais vous les exposer et nous allons essayer d’imaginer ensemble la moins mauvaise des solutions pour vous comme pour l’entreprise »
C’est vrai que de rendre les choses publiques, rend tout très difficile.
Prenons le cas des salaires : Impossible de rendre publique la grille des salaires réels sans avoir réfléchi avant aux moyens de la rectifier.
Mais imaginez la force de cette entreprise si une majorité de salariés considère le système salarial de l’entreprise comme équitable ?
La difficile transparence est le prix de l’acceptation des efforts ;
Le régime des retraites et des impôts n’est pas accepté par les français parce qu’ils les pensent inéquitables. Et ils les pensent inéquitables parce qu’ils restent obscurs, pour la plupart.
La transparence est la condition du débat social dans l’entreprise. Il produit aussi de la responsabilisation et rejette au loin les facilités de l’anathème qui soupoudrent trop souvent les tracts syndicaux.
Mais avons-nous le choix ?
Se priver de la transparence , c’est se priver d’une condition de base de mobilisation et de responsabilisation du personnel.

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