Le sponsoring peut il servir une finalité RH ?

Le 9 novembre s’est élancée ,une nouvelle fois, la course du Vendée globe challenge.
Un certain nombre de navigateurs émérites va chevaucher ces bêtes de course, en tentant de faire flotter, le plus haut possible, la flamme de leur sponsor.
Ces sponsors sont un mélange hétéroclite de charcutiers/ traiteurs ( Fleury michon, Sodebo ) de fabricants de véranda ( Akena ) , d’agents immobiliers ( foncia) , de fabriquants de revêtements de façades ( PRB) de distributeur de matériaux de construction ( VM matériaux ), de grosses sociétés aussi, comme Safran, Véolia environnement ou Areva.
Ces dernières entreprises sont issues de la sphère publique.
Faut il y voir le souci de gommer certains complexes ? ou l’habitude de l’argent facile ?
En tout cas, bien peu de vedettes du CAC 40 ont enfourché ce rêve là.

Qu’est ce qui fait courir ces sponsors ?

On comprend bien que des sociétés, qui ont pour client le grand public, essayent de se montrer sous leur avantage, ou tentent d’accroître leur notoriété, en participant à un évènement grand public, comme Fleury michon ou Sodebo.
Mais les autres ?
Que viennent faire Safran ou Véolia dans cette galère ?
Et qu’ont-ils à vendre ou à prouver, auprès du grand public ?

Parfois, de gentils messieurs et gentilles dames de la Dircom ou de la DRH , viennent nous expliquer que cette participation a de vrais objectifs humains :
« il s’agit de fédérer les milliers de collaborateurs du groupe » nous expliquent les uns.
« il s’agit de mettre l’accent sur les jeunes qui connaissent mal nos métiers » disent les autres.
Il est vrai qu’ils sont souvent en service commandé.

Certes, mais il n’y a-t-il pas meilleur moyen de fédérer ou de faire connaître ses métiers que de se lancer dans un coûteux programme aux résultats soumis à tous les aléas de la météo, aux avaries de mer ?

Une des caractéristiques de ce type de sponsoring à finalité RH, est, sauf si je me trompe, la non évaluation de son impact sur les personnels des sociétés sponsor.

A-t-on été demander leur avis à l’encadrement et au personnel de ces entreprises pour savoir s’il n’y aurait pas mieux à faire, avec le même argent ?
Ces programmes me rappellent les prix de « manager de l’année », décernés ici et là : le magazine ou l’organisation qui le distribue, ne demande jamais aux personnels de l’entreprise son avis sur les qualités managériales du lauréat …..

Il est à craindre, hélas, une fois de plus, que ce type de sponsoring, ne déguise, derrière de nobles objectifs, le désir de notoriété ou l’ambition, de son initiateur, dans l’entreprise sponsor.

l’action du DRH

le patron est souvent tenté de céder aux sirènes de la mode et de la notoriété; votre rôle consiste à lui faire prendre du recul par rapport à ce gentre d’initiatives;
D’autant plus que c’est très tentant : le navigateur est sympathique, la télévision projette, en grand, votre logo aux quatre coins des mers; tous vos amis, toutes vos relations vont être bluffés…
Faites le réfléchir à l’impact de cette initiative sur le personnel : selon les cas, il se jettera avec enthousiasme dans l’aventure ou la condamnera sans appel.
Si l’ambiance est morose, les salaires faibles, les conditions de travail perfectibles, l’organisation médiocre, l’encadrement et la direction contestés, il vaut mieux ne pas y aller, et consacrer le même argent à des améliorations auxquelles le personnel sera beaucoup plus sensible.
Le bateau, c’est la cerise…

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