Le processus action/réaction, en management
Mi-Août 2008, Les troupes russes envahissent l’Ossetie du sud et la Géorgie.
Tous les pays de l’OTAN crient au scandale et dénoncent l’odieuse agression de « l’ours » russe.
Calme retrouvé, si on avait essayé, comme l’a dit Gorbatchev, de se mettre à la place des Russes , on se serait trouvé dans la position de quelqu’un qui souffrait sérieusement du syndrome de l’encerclement, se sur-ajoutant à la honte d’avoir perdu son statut de superpuissance.
L’empire dépecé, les satellites se sont dépêchés d’adhérer à l’OTAN, ou vont y adhérer.
Les USA vont installer une base antimissiles à leur porte, en Pologne et possèdent déjà une base en Géorgie.
Europe et USA ont tout fait pour reconnaître l’indépendance du Kosovo, malgré les mises en garde de Moscou, annonçant le fâcheux précédent que constituait un tel redécoupage des frontières.
L’allumette était prête à s’enflammer , réaction attendue à un tel empilement d’actions.
Dans l’entreprise, de nombreuses actions , de nombreux comportements, jugés inadaptés par les personnels ou la direction, tour à tour, ne sont, en réalité, souvent, que la réaction à des actions inadéquates.
Du côté des salariés, démotivations diverses et variées, absentéisme, j’menfoutisme, ne sont, souvent, en réalité, que des réactions à des actions ou attitudes jugées inadéquates, de la part de la direction ou de l’encadrement.
Du côté des managers, leur attitude sévère, leur manque de compréhension , de générosité, de pardon, leur autoritarisme, jugés sévèrement par le personnel, ne sont souvent que la conséquence d’abus multipliés constatés de la part de certains personnels et dont tout le monde pâtit, finalement.
L’état calamiteux, dans certaines entreprises, des relations sociales, est souvent la réaction à une série de comportements jugés inadéquats de la part du patron, pour les uns, des syndicats, pour les autres.
Et si personne ne veut céder, cela peut continuer très longtemps.
La manière dont quelqu’un se comporte est rarement fortuite ou le résultat d’une colère subite.
Le comportement jugé « inadéquat » de quelqu’un , d’un syndicat, d’une direction, doit être analysé avec du recul, en se remémorant les raisons que cette personne ou ce groupe , avait d’agir comme elle, comme il, l’a fait
Et il faut parfois remonter assez loin dans le temps.
Car peu de choses vieillissent aussi bien qu’une injustice, un mot injurieux, un manque de reconnaissance, une honte bue en public.
L’action du DRH
il faut se garder des victoires trop faciles, des positions temporairement avantageuses, de « pousser le bouchon trop loin » , comme l’on dit.
La tentation de vouloir pousser trop son avantage tente les Etats, comme les directions.
Il ne faut pas y céder.
Car demain, “nous” devrons encore travailler et vivre ensemble.
Car demain, ce sera le premier aujourd’hui, qui sera en position de quémander la compréhension et l’indulgence du second.
Nous devons agir en sorte que les plateaux de la balance demeurent équilibrés le plus possible
Il faut se souvenir en permanence que dès que quelqu’un rompt cet équilibre, la drôle de guerre commence.