DRH, quelle formation y prépare le mieux ?
Vous suivez un cursus de formation ou un chemin qui, normalement, doit vous conduire à occuper un poste dans les ressources humaines.
Vous l’avez choisi vraisemblablement parce que vous aimez les contacts, ou bien déjà en poste, parce que, justement, quelqu’un des RH vous a conseillé de « vous y coller »
Mais vous ne savez pas encore bien discerner quelle réalité se cache derrière ce terme.
Rassurez vous, vous ne le saurez vraiment qu’à la fin de votre carrière, si vous acceptez d’y consacrer une part significative de votre vie professionnelle
Car ce poste est tellement multiforme, peut épouser tellement de situations, de défis, de problématiques, se situer dans tellement de contextes et de configurations d’organisations, que vous n’en aurez jamais fait le tour.
Je n’ai jamais fait le même travail de DRH dans chacune des entreprises où j’ai tenu le poste !
C’est l’addition des postes qui m’a permis d’en explorer tous les contours.
Une organisation ne compte qu’un DRH
C’est pourquoi la femme ou l’homme qui occupe cette fonction, ne peut se permettre d’être médiocre.
Trop de gens comptent sur lui : des managers en soif de conseils, de jeunes cadres déboussolés par leur équipe, ou hésitants sur leur orientation, des salariés, placés devant une situation compliquée, requérant sa clémence ou un traitement particulier, des jeunes, dans l’espoir de le voir accepter un stage, un contrat d’été, un CDD ou CDI, et même les partenaires sociaux, à la recherche de l’introuvable interlocuteur social.
Les attentes les plus importantes à son égard ne viennent pas des individus, mais sont de nature collective ou stratégique ; elles émanent de la communauté Entreprise au travers de ses représentants ou de l’exécutif de l’entreprise.
Soyons clairs, quand je parle du DRH, je ne parle que de cet homme ou de cette femme qui, dans une entité de 300 à 2000 personnes environ, possède suffisamment d’autonomie pour que l’on puisse localement agir sur les choses et sur les gens, en connaissance de cause.
Enfin, il est faux de considérer que cette fonction est à la portée de tous : sinon ce serait lui dénier tout professionnalisme !
A ceux qui le pensent, demandez s’ils vous parachuteraient, un matin, directeur de production ?
Quelle formation y prépare le mieux ?
La réponse à cette question en appelle une autre :
Quelles facultés doit on développer si l’on souhaite exécuter ce métier en bon professionnel ?
La capacité à « dire le droit » me semble un incontournable, compte tenu de l’environnement juridique très important qui entoure cette fonction.
A tout bout de champ on vous sollicitera, en effet, sur l’obligation dans laquelle se trouve l’entreprise d’avoir à appliquer, ou non, la réglementation et dans quelle limite.
Une formation juridique consistante me semble constituer un socle incontournable, sauf à passer votre vie au téléphone au contact d’un SOS juridique quelconque ou d’un cabinet d’avocats.
La capacité à discerner la psychologie de vos interlocuteurs et la sociologie de l’environnement me semblent être un second étage aussi important que le premier.
Que vous soyez en phase de recrutement, de conseil ou de négociation, vous aurez besoin d’un minimum de grilles de lecture pour comprendre la situation, ou aider votre direction à déchiffrer le contexte.
Enfin, il me paraît tout aussi important que l’homme des RH ait expérimenté sa capacité à agir dans un contexte opérationnel, possédant, de préférence, une dimension managériale.
Il est donc indispensable qu’à un moment ou à un autre le professionnel des RH ait occupé un poste opérationnel.
C’est à cette condition qu’il pensera sa mission comme celle d’un soutien aux opérationnels et non, comme une raison d’être en soi, péché mortel de beaucoup de RH et de leurs collègues fonctionnels …
C’est à cette condition qu’il ne sera plus tenté d’imposer aux opérationnels des systèmes et des machins dont il est si fier, mais qui prélèvent un temps précieux à ceux qui travaillent au cœur de l’activité et qui s’exécutent, « pour faire plaisir aux RH ».
Le souci de pragmatisme qui doit inspirer les RH est à ce prix et non d’alimenter une machine bureaucratique ou technocratique.
Enfin, vous n’aurez peut être pas l’occasion d’occuper un poste en communication interne. Alors, inscrivez vous à une formation.
Savoir envisager la dimension info/com dans sa globalité et savoir être percutant et structuré dans sa propre communication est un incontournable.
En conclusion, une discipline basique et structurante comme le droit, plus une formation en sciences humaines, psychologie ou sociologie, plus une expérience opérationnelle, constituent un socle solide sur lequel vous pourrez greffer les savoirs et savoir faire spécialisés, qui, pour la plupart, s’acquièrent sur le tas.
Une formation RH spécialisée en école, elles sont nombreuses, vous fera, bien entendu, gagner du temps !