Connaître l’entreprise, comprendre les hommes
Deux populations sont souvent face à face quand il s’agit d’analyser la vie des entreprises.
D’un côté, il y a ceux qui connaissent bien l’entreprise, et de l’autre côté, ceux qui sont en compréhension des hommes.
Les premiers sont chefs d’entreprise, contrôleurs de gestion, experts comptables, technicien ou expert de quelque chose, en lien avec les phénomènes techniques , organisationnels , administratifs, gestionnaires , commerciaux …de l’entreprise.
Bien sûr, ils savent qu’il faut accorder une certaine importance à l’homme au travail, mais cette prise de conscience les agace : c’est un mal nécessaire.
Si demain, ils pouvaient tout automatiser ou tout robotiser, ils seraient les plus heureux des hommes.
Car cette drôle de machine qu’est l’homme , si peu fiable, si délicate, si compliquée , aux performances si instables, à la stabilité si fragile, les énerve.
En raccourci, on les apellera les libéraux.
D’un autre côté, j’ai un peuple savant de connaisseurs de la chose humaine.
Ils sont médecins du travail ou assistante sociale, psychologues, sociologues, formateurs ou enseignants d’une science dite molle quelconque, inspecteurs du travail , contrôleurs de sécurité sociale, syndicalistes…
Bien, sûr, ils savent que l’entreprise poursuit un but de profit , que la santé économique de l’entreprise, ses performances, sont une condition de l’emploi et des avantages qui lui sont liés.
Mais, ils n’arrivent pas à se résigner à cette idée que des hommes en font travailler d’autres pour gagner de l’argent, pour eux.
Même si ceux là, permettent à d’autres d’avoir un emploi et donc un salaire.
Ces deux populations sont bien sûr amenées à travailler ensemble, mais l’expérience m’amène à dire qu’elles sont sur des logiques différentes, quand ce n’est pas contraires.
C’est peut être la raison pour laquelle les relations sociales , en France, sont si difficiles.
En raccourci, on les appellera les sociaux.
Derrière ces deux logiques, ce sont deux conceptions du monde qui s’affrontent encore.
Encore, parce que dans beaucoup d’autres pays développés, ce vieux débat entre « exploiteurs » et « exploités », a vécu.
Cette difficulté s’accroit encore, en France, du fait que nos partis politiques n’ont encore pas tout à fait admis la voie libéro-sociale pratiquée en Europe.
Deux conceptions du monde s’affrontent encore , en France, malgré la faillite du communisme, la disparition de l’URSS et la chute du mur de Berlin !
Deux conceptions s’affrontent encore malgré la faiblesse des syndicats, leur abandon de la lutte des classes et de la suprématie du prolétariat.
Conséquence aussi de cet état de fait, l’espèce de marais qui donne lieu à l’expression d’une économie administrée.
Cette économie bizarre , où l’Etat tient trop la chandelle, ne permet ni aux entreprises de gérer leur développement à leur guise, ni aux hommes des entreprises de prendre confiance en eux et de compter d’abord sur leur initiative et leur responsabilité.
Le relèvement de la France passe forcément par l’évanouissement de l’Etat et par la capacité de ces deux populations à travailler mieux ensemble.
Pour que “ça” marche, il faut connaître l’entreprise et ses nécessités ET comprendre, bien, les hommes qui y travaillent.