Archive pour la catégorie 'Billets d'humeur'

Le coaching des managers sert il à quelque chose ?

Vendredi 18 juillet 2008

Mes collègues DRH, depuis quelque temps déjà, se sont piqués d’un truc qui d’appelle le coaching
S’agissant des managers, je l’ai toujours vu pratiquer de la manière suivante

C’est une valse à 6 temps :

- Premier temps : Un manager n’est pas top . Tout le mode se rend compte qu’il n’est pas super

- Deuxième temps : Mais le garçon est sympathique, on l’aime bien . On ne peut quand même pas le mettre dans l’embarras en le déplaçant à un autre poste où il serait certainement plus à sa place

- Troisième temps : On décide de faire appel à un coach
Le coach ( invention purement française car le mot est inconnu dans la littérature managériale anglo-saxonne ) est une sorte de cocher, un « sachant » qui, en usant de techniques douces, doit amener l’apprenant à trouver par lui-même le moyen adéquat d’animer son équipe

Le coaching est le contraire du barbare apprentissage qui consistait à demander à l’élève d’imiter le maître
( Les pédago après avoir sévi à l’école ont pénétré l’entreprise
La conception selon laquelle le rôle du maître est de faire découvrir à l’apprenant ce qu’il sait sans le savoir, est ici appliqué aux salariés au lieu de l’être aux élèves )

- Quatrième temps : Au bout d’un certain nombre de très coûteuses séances, les trois parties au contrat se sentent obligés de constater « un ou des progrès »
L’apprenant de bonne volonté est donc maintenu à son poste

- Cinquième temps : Un nouveau patron débarque
Au bout d’un certain temps il constate que l’ex coaché n’est pas un bon manager
Le DRH lui explique que « c’est vrai , mais qu’on a déjà dépensé beaucoup d’argent pour son perfectionnement et qu’il est de bonne volonté »

- Sixième temps : Le nouveau patron qui veut des résultats tout de suite demande au DRH de lui trouver une autre affectation

Mon ami pharmacien ne croit pas à l’homéopathie
Et moi , pour les mêmes raisons, je ne crois pas au coaching.

Mais je ne m’en fais pas trop
” le I ” arrive, entendez le ” e- learning”
Ce fabuleux os à ronger va faire un malheur….

Que signifie ” être un DRH moderne” ?

Mercredi 16 juillet 2008

Contrairement à ce qu’on dit et pense tout le temps
La frontière n’est pas entre la gauche et la droite ,
Entre les diplômés et les non diplômés
Entre les jeunes et les Anciens
Entre les matheux et les littéraires
Entre les religieux et les athés

La vraie frontière, partout, est entre les Anciens et les Modernes

Les Anciens sont tous ceux qui , quelle que soit leur statut ou situation,ont une vision surannée du monde et de la manière dont on doit agir et penser

Ils sont les tenants de l’ordre ancien
Le désordre ou le mot direct et dru est leur ennemi intime
Tout ce qui ne ressemble pas à leurs habitudes et à leur connu est suspect
L’étrange, avec eux, est vite atteint
Et donc à écarter
Avec eux, personne n’est jamais prêt à recevoir les responsabilités qui devraient normalement leur incomber
Tout le monde est enfant et leur doit le respect
Tout est secret
Tout doit être longuement préparé avec le plus petit nombre de gens possibles
Le sérail est leur famille
Les titres acquis sont le passeport de leur immobilisme
Ce sont des gens raisonnables.

Les Modernes pensent que tout est possible
En agissant autrement
Même s’ils ne négligent pas systématiquement les leçons du passé.
Le passé est souvent ce qui empêche d’imaginer un nouvel agencement des choses
Les Modernes pensent que la créativité, l’imagination, l’enthousiasme sont le vrai carburant d’une entreprise et d’une société
Les modernes croient que l’intelligence n’est la propriété de personne
Et que ceux qui savent sont souvent ceux qui souffrent des circonstances à changer
Pour eux, les règles doivent être réduites au minimum et l’esprit de liberté et responsabilité, la règle
Ce sont des fous.

Prenons un exemple d’approche moderne des problèmes

La retraite : On connaît tous précisément, par profession, la durée moyenne de vie
Elle est par exemple inférieure de 6 ans pour un ouvrier par rapport à un cadre supérieur
Il suufit de faire partir les ouvriers 6 ans plus tôt que les cadres avec retraite pleine et entière
On pourra affiner au sein des ouvriers en distinguant ceux qui sont plus exposés les uns que les autres

Les Seniors : La France est le seul pays à faire preuve d’un tel ostracisme vis à vis des salariés de plus de 50 ans
Il faut donner le choix aux seniors ( et le droit ) :
- de partir ( avec une retraite réduite), car , beaucoup ne se reconnaissent plus dans l’entreprise d’aujourd’hui
- de travailler à temps partiel, même avec un salaire revu à la baisse, si le poste est de qualification moindre
- de pouvoir travailler dans l’administration sans passer de concours
- d’occuper une liste d’emplois d’utilité sociale financés par l’Etat ou les collectivités territoriales
- De travailler en temps partagé dans les PME ( qui en ont fort besoin ) en étant financés à la fois par l’entreprise et les CCI
On peut aussi les aider à créer des entreprises qui travailleront en sous traitance pour des activités de service public
On peut aussi leur payer une formation longue, mélange de VAE et d’unités de valeur acquises à l’université ou dans les écoles, afin de pouvoir changer de métier

L’Amiante : Au lieu de jouer au jeu du chat et de la souris pour éviter de payer , les entreprises où des cas d’amiante ont été détectés, devraient se plier aux conclusions d’une expertise sérieuse, indemniser de manière importante les seuls cas déclarés , organiser des mesures préventives et de reclassement pour les salariés exposés mais non déclarés.

Avoir une approche moderne des problèmes suppose d’avoir l’esprit et le coeur ouverts et le courage d’affronter tous les conservatismes.

Qu’est ce qu’un DRH peut faire avec l’héritage de MAI 68 ?

Mercredi 16 juillet 2008

Au-delà de tous les livres et commentaires que j’entends de la part de gens qui n’ont pas vécu Mai 68 , j’ai retenu de ces évènements, comme témoin attentif , les choses suivantes :

- La force du leadership de certains leaders spontanés ( dont Philippe de Villiers, à l’époque )
- La démission , à la limite de la couardise, des élites
- La force de l’intox véhiculée de Paris vers la Province
- La bêtise de la « foule » capable de voter tout et son contraire , en l’espace de 10 minutes
( la masse des étudiants )
- l’opportunisme de Mitterand
- le conservatisme des leaders syndicaux nationaux
- La paranoïa des militaires
- l’incapacité de penser les évènements autrement qu’en faisant référence à 1936 et au front populaire

Cohn Bendit dans son livre « forget 68 » décrit de la manière la plus juste ce qu’a été et voulu être Mai 68 : L’autonomie de l’individu face aux idéologies religieuses et politiques

Car cette époque était écrasée entre une pratique religieuse très prégnante et un totalitarisme communiste et gauchiste très intrusif

Cohn-Bendit dit comment cette époque était inconsciemment à la recherche du « pouvoir dire »

Il ajoute « aujourd’hui, on vit plutôt dans l’angoisse de ne pas correspondre à ce que l’on doit dire ou à ce que l’on peut dire »
C’est un comble quand on sait que Mai 68 a d’abord été la conquête de la prise de parole dans une société où l’expression était corsetée dans la famille comme dans les médias
C’était aussi l’époque de l’intolérance à tous niveaux

Si nous transposons à l’entreprise d’aujourd’hui l’esprit de Mai 68 , où en est on ?
Où est passé le sens de la fête, la possibilité de dire, la tolérance qui ont accompagné les journées de Mai ?
C’est d’autant plus bizarre que beaucoup de soixante huitards sont encore aux commandes !
Ils ont troqué leur gauloise contre un costume un trois pièces et , pour une grande majorité, ont épousé le conformisme qui va avec.
Ils ont acheté le costume avec le porte manteaux !

Les DRH, eux-mêmes, pour la plupart, se croient obligés de porter le trois pièces pour représenter au mieux le plus parfait des conformismes

Aux futurs DRH, je dis : choisissez le plumage qui vous ressemble le mieux , même multicolore, soyez vous-mêmes car , ce qui compte est à l’intérieur .
Cessez de jouer un rôle et de vous croire obligés d’être le majordome du Patron
C’est votre qualité de jugement et votre humanité qui vous feront reconnaître et non le pli de vos costumes ni la capacité de votre langue à tourner 10 fois pour éviter de dire la vérité.

Si vous ne savez pas, dites ” je ne sais pas”
Si vous vous êtes trompés, dite ” je me suis trompé”
Si on vous raconte des histoires, dites ” on va aller voir exemple”
Si l’organisation est mauvaise , dites ” OUI, nous savons que l’organisation est mauvaise et nous allons nous y attaquer”
Si la grille des salaires est déséquilibrée, dites ” il faut du temps pour la rééquilibrer, nous allons refaire une grille qui tient la route , on vous l’expliquera, et on la rectifiera par étapes”
Si on vous ment , dites ” Monsieur, vous mentez”
Si les syndicats font preuve de mauvaise foi, dites ” prouvez moi ce que vous avancez, et si c’est juste, je vous en donnerai acte”
Si un problème de sécurité requiert une solution urgente, signez le bon de commande sur le champ et fichez vous des procédures