Archive pour juin 2008

Management US , management de conquête

Lundi 30 juin 2008

Le modèle de la conquête est inscrit dans l’histoire humaine . César tua de 500.000 à 1 million de personnes lors de la guerre des Gaules : Dans l’Histoire , le Vainqueur , précède souvent le Civilisateur

Rappelons nous que le modèle de l’esclavage a survécu tard dans l’histoire de l’humanité
A Rome , les esclaves étaient des choses , Les noirs exportés en Amérique , des marchandises , l’Eglise s’interrogeait pour savoir si les Indiens avaient une âme !

Aujourd’hui , les ouvriers en sur effectif ou trop coûteux payent l’installation d’un nouvel ordre économique mondial , comme les esclaves , les noirs et les autochtones payaient hier le prix des conquêtes des civilisations européennes .( et sans doute des autres )

Force est de constater , même son on peut le condamner d’un point de vue moral , qu’une entreprise qui ne serait pas tournée sans états d’âme vers la satisfaction de sa Mission , serait forcément moins efficace et donc vaincue à terme , sur le champ de bataille de l’économie mondiale .
C’est ce qui explique que peu à peu la logique managériale des grands groupes français rejoint celle des groupes anglo saxons . C’est ce qui explique la fermeture de Vilvoorde par Renault , ex vitrine sociale de la France, et son licenciement de 25000 salariés chez sa filiale japonaise Nissan ! Au moment même où on accuse Mark et Spencer , groupe anglais , d’en licencier moins de 3000 en France !
Le conditionnement psychologique de nos sportifs ( que nous adorons ) , et des militaires que nous faisons défiler tous les 14 Juillet , repose sur un vocabulaire , des chants , des rites , de combat et d’anéantissement de l’Autre !

L’armée américaine au Viet nam qui transportait par hélicoptère des bœufs vivants pour offrir des steaks de qualité à ses soldats au combat , s’est trouvée vaincue par une armée de gueux .
Les premiers ne croyaient plus en leur mission et n’acceptaient pas d’en souffrir et encore moins d’en mourir , les seconds , de gré ou de force , étaient prêts à tous les sacrifices pour elle !
Imagine-t-on un coach compatissant aux bleus de ses sportifs à la mi temps ,Eisenhower ajournant le débarquement pour ne pas risquer de pertes importantes , Churchill promettant du bonheur et des sucreries ( au lieu de la peine , du sang et des larmes ) afin d’épargner des souffrances à leurs troupes ?

Qu’on le déplore ou non , nous sommes en guerre !
Une guerre d’une autre nature mais une guerre quand même !
C’est pourquoi les modèles de management plus tournés vers l’indulgence et l’apitoiement des troupes que sur l’exigence du combat à mener pour survivre , quitte à contredire un certain discours managérial à la mode , mettront toujours l’entreprise en position de faiblesse .
Le modèle français de la fonction publique entièrement tourné vers la sécurité et la protection
de ses Agents , et réduisant ainsi d’autant les exigences du Service public qu’elle prétend servir , est l’illustration frappante d’un modèle de management tourné vers la médiocrité et qui ne survit que parce qu’on le protège de toute concurrence .
Paradoxalement , en protégeant exagérément l’Homme qu’on croit servir , on le dessert !
Car l’Homme ,comme l’équipe , comme la Société , ont besoin de défis qui les dépassent pour donner le meilleur d’eux mêmes !
En alignant les objectifs sur la moindre ambition , celle qui fait le moins mal , on réduit l’homme à ses petites satisfactions au lieu de l’élever à la hauteur des ambitions les plus fortes
( nous ne dirons pas les plus hautes , car nous entrerions ici dans le débat moral qui consiste à savoir si la cause économique est la cause la plus noble )

Notre propos n’est bien sûr pas de légitimer les pratiques de patrons et de managers indignes qui ne visent qu’à manifester le poids de leur pouvoir en humiliant leurs salariés .
Il est le regard su sociologue sur la violence engendrée par les pratiques du management de conquête, nouvelle frontière de notre époque.

Faut il rappeler que la plus grande nation du 20ème siècle , les Etats Unis d’Amérique , a été le résultat de l’addition du protestantisme rigoureux et d’un individualisme exacerbé , l’individu qui ” se fait tout seul ” , transposition moderne du Héros antique ?

A propos de management de conquête , il n’est pas inutile non plus de rappeler que si la conquête s’appuie sur le groupe , elle a presque toujours à son origine un individu talentueux , voire un génie quelconque , qui va donner à l’action sa dimension exceptionnelle ?
Or , en France , le discours managérial ambiant , vieux remake des mythes révolutionnaires de la levée en masse , a tendance à privilégier exagérément l’intelligence du groupe sur celle de l’individu .
La nécessité du travail transversal ne doit pas faire oublier que la source d’énergie la plus importante se trouve , qu’on le regrette ou non , dans l’ambition personnelle ou le talent individuel et non dans un collectif toujours déchiré , sauf en de rares exception , par les attentes et les comportements contradictoires des membres qui le composent .

Enzo Ferrari disait : ” On me dit que j’ai fait beaucoup de choses pour mon prochain ; Non , j’ai fait ce qui me plaisait terriblement ” !
Ceci pour rappeler que le management une fois encore a bien un contenu culturel et , selon les sociétés où il s’inscrit , privilégie une conception de l’action plutôt basée sur l’homme ou sur la mission , sur le groupe ou sur l’individu .
Comment expliquer autrement la difficulté des syndicats français à cautionner les systèmes de rémunération basés sur la performance individuelle ?

Pourtant, le communisme chinois vient de donner naissance à l’une des formes les plus exacerbée du capitalisme dépassant largement en violence celles qui l’ont précédé

Paradoxalement , notre société n’est pas exempte de contradictions :
Recherchant les meilleurs écoles pour ses enfants , c’est à dire souvent celles où les maîtres sont les plus sévères et les plus exigeants , accrochée au système de la notation individuelle et de la réussite scolaire personnelle , la même attend de ses Patrons qu’ils fassent preuve d’une indulgence extrême vis à vis de leurs salariés et mette en avant d’abord les résultats du groupe avant ceux des individus qui le composent ?

Et c’est toujours la même qui se bouscule au cinéma pour voir triompher des forces du mal un Héros de cinéma américain dont elle admire la capacité à triompher seul de tous les obstacles
Qu’il rencontre sur sa route ! surprenant !

L’action du DRH

Jacques Attali, dans son livre” Une brève histoire de l’avenir” annonce une victoire écrasante des forces aveugles du marché qui iront même jusqu’à se substituer aux Etats
En le lisant, je ne pouvais m’empêcher de penser que sa prévision fait fi du refus d’une partie de l’humanité de sacrifier toute éthique
Le DRH se doit, mais c’est un choix personnel, d’être parfois la conscience de son entreprise
C’est un rôle difficile qui menacera même votre survie en tant que DRH, dans votre entreprise
Mais votre intelligence doit s’employer à proposer des voies médianes ménageant les équilibres entre actionnaires et salariés dans les décisions auxquelles vous serez associé
On n’a qu’une vie !
Autant ne rien avoir à regretter quand elle sera finie

Le plaisir au travail

Lundi 30 juin 2008

Certes , l’origine latine du mot travail « tripallium » qui l’assimile à un instrument de contention, , ne nous incite pas naturellement à le considérer comme une fête !
Certes nous n’avons pas tous oublié que la Bible nous demande de « gagner notre pain à la sueur de notre front » .
Mais faut il considérer pour autant que le lieu où mous passons encore beaucoup de temps , même s’il diminue , doive être par force un lieu triste ?
Or l’impression qui se dégage des hall d’accueil , des bureaux et des ateliers , lorsqu’on les traverse , ne prête pas à la franche gaieté !

Pour un sourire ou un comportement apparemment léger , que de contractions !
La fantaisie affichée n’est certainement pas la bonne allure à adopter pour donner le sentiment à nos patrons qu’on travaille sérieusement .
Avoir l’air afféré et la mine crispée sont encore couramment considérés comme des gages de sérieux !
Donc travailler serait une affaire sérieuse !
Vraiment ?

Je prétends tout au contraire que c’est le sérieux qui nuit à la productivité !
Un dicton populaire ne nous glisse t il pas dans l’oreille que « où il y a de la gêne , il n’y a pas de plaisir » ! Rien n’est plus vrai , au travail , comme ailleurs .
En tout cas , pour les latins que nous sommes !

Les Allemands , les japonais , semble t il , ne souffrent pas outre mesure d’afficher un air sérieux pour une efficacité garantie
Mais justement , nous n’en sommes pas !

Plutôt expansifs , artistes de tempérament , adeptes de de Funès et de Coluche , fanas des gaudrioles des nuls ou des guignols de canal + , le rire est le propre des français .
C’est pourquoi je prétends que le rire contrarié des salariés français s’avère contre productif.
Expliquons nous . Il ne s’agit pas bien sûr de transformer nos espaces de travail en festival off d’Avignon !
Mais faire circuler dans l’entreprise un « je ne sais quoi dans l’air » qui respirerait le plaisir d’être ensemble , de faire des choses ensemble , de se retrouver le matin , de transpirer ensemble , est à notre avis , la meilleure des antidotes à un travail qui , quoi qu’on dise , est loin d’avoir perdu son caractère routinier et contraignant .

S’amuser sérieusement était l’un des mots préférés de mon père et il avait bien raison .
Or , notre époque nous offre une occasion inespérée de travailler en s’amusant .
Le travail manuel dur et pénible des « emplois de labeur » est en voie de disparition dans les pays développés .
Et paradoxalement , je ne suis pas sûr que nos grand pères soumis à ces travaux durs et pénibles , ne se réservaient pas , plus et mieux que nous , des moments de franche rigolade ?
Ces occasions étaient sans doute pour eux un exutoire indispensable à la dureté de leur condition .
Est ce à dire que nous n’en aurions plus besoin ?
Que nenni !
La bureaucratie énervante , le stess du juste à temps , la religion du client Roi , la dictature des cours de bourse et des résultats trimestriels , l’impudence des technocrates et des diplômés , le supplice chinois des rappels de l’administration , la mise sous tension des objectifs à atteindre , la compétition interne , la course aux performances , la concurrence des pays asiatiques , la crainte des fusions et restructurations , le harcèlement réel ou supposé , l’insupportable obligation de parler au moins l’anglais , le crépitage des messageries , l’insolence des portables qui nous tiennent en laisse , nous entraînent dans un monde qui nous donne le tournis .

Et ce ne sont pas les jours gagnés par l’ARTT qui suffisent à nous libérer de cette nouvelle ivresse qui s’est emparée du monde du travail .
Jours de congés , cures de sophrologie , de psychothérapie , voyages express de 3 jours , séances de transpiration , soignent imparfaitement le mal quand il faudrait s’attaquer aux causes .

La première partie de la cure que nous préconisons consiste à échapper à la dictature du temps et de l’instant .
Il importe d’abord de se persuader que l’urgence qu’on nous invoque sans cesse mérite examen .
Il est faux que tout soit urgent .
Les choses importantes sont rarement urgentes !
Résistez toujours à ceux qui vous invoquent l’urgence …
Combien de fois l’urgence à remettre un dossier qu’on m’avait invoquée a t elle été suivie de la découverte que le dossier urgent sommeillait tranquillement sur le bureau du commanditaire quelques semaines après …

Quant aux autres urgences, elles sont souvent le résultat d’une mauvaise organisation de l’entreprise ou d’une mauvaise gestion de nos priorités .
Car , dans l’absolu , il n’y a pas de problème de temps . Il y a simplement qu’on a choisi de faire une chose à la place d’une autre , et , hélas , souvent , que nous nous sommes trompés d’ordre .
Il faut donc apprendre à perdre du temps , pour considérer ce sur quoi nous allons travailler en premier , avant de crier qu’on a pas le temps !

Et ce sur quoi nous devons travailler en premier quand on est Dirigeant ou cadre , ce n’est jamais le détail .
La capacité de l’élite de l’entreprise à s’occuper d’affaires de détail m’a toujours effaré !
C’est notre faute , dans l’insistance que nous mettons à décrire le bon chef comme quelqu’un : « qui voit tout , sait tout et à qui rien n’ échappe ! »
S’il voit tout , il ne doit pas rester beaucoup de place dans sa tête pour l’essentiel et le stratégique !
Le cerveau qui ahane sur les chemins vicinaux peine à retrouver les autoroutes

La capacité de nombreux cadres français à se mêler de tout est une autre caractéristique très chronophage et porteuse d’inefficacité
Car la spécialisation poussée est presque toujours, sauf à certains postes , un gage d’efficacité supérieure !
Ensuite , il faut remettre à leur place tous ces amis électroniques , qui sont souvent autant de chaînes , qu’au nom d’un progrès mal domestiqué , on s’est mis à la patte
Il est temps d’apprendre à ces machines qui est leur maître , au lieu de s’en faire les esclaves dociles .

Les portables sont les nouveaux tyrans de l’instant et des malotrus qui vous incitent sans cesse à l’impolitesse .
Les messageries vous incitent à répondre trop vite quand il faudrait prendre le temps de la réflexion
Echapper au stress , c’est retrouver du souffle , de la respiration , du temps pour sourire ou parler deux minutes à son voisin de bureau ou d’atelier , à l’un de ses salariés

C’est aussi savoir retrouver le temps d’une bonne blague autour de la machine à café .
Non , ce n’est pas du temps perdu !
Le temps de la convivialité partagée est toujours du temps utile , même court .
C’est ce temps là , apparemment perdu , qui fera que dans l’heure qui suit , mon collègue me dira ou me donnera l’information qui me manque et que je n’aurais jamais pensé à lui demander , ou bien qu’il ne m’aurait pas donnée …
C’est ce temps là qui , au hasard du vagabondage de mon esprit , me fera reprendre mon travail sous un angle plus astucieux …

Les organisations hyper rationnelles ont oublié que les salariés sont d’abord des épidermes chargés d’émotions qui se côtoient à longueur de journée et déjouent , comme à plaisir , leurs meilleurs plans !
La faiblesse des entreprises latines est une conception extensive du temps, qui leur en fait perdre beaucoup , leur force est que ce temps perdu ménage des moments de convivialité préservant une certaine qualité de vie sociale quand leurs consoeurs anglo saxonnes isolent parfois les salariés les uns des autres , au nom d’un productivisme sans faille !

L’homme seul capable de faire flotter dans l’air ce climat aussi léger que fertile ne peut être que le Patron de l’entreprise .
Et on ne dira jamais assez que la clé de voute de tout système managérial , le premier violon qui donne le « la » à tout l’orchestre , c’est lui !

Vous aurez beau dépenser une énergie énorme pour tenter de mettre en place un beau système managérial tout neuf , si ce système contredit les convictions profondes du Dirigeant sur la conception qu’il se fait de la relation humaine et de l’action dans son entreprise , la greffe ne prendra jamais .
A l’inverse , un nouveau Dirigeant , contrairement à ce que l’on voit souvent écrit , est tout à fait en mesure d’implanter dans des délais assez rapides un mode managérial étranger à la culture de l’entreprise .
Tout simplement parce qu’il incarne le pouvoir et la légitimité et aussi parce que les oppositions éventuelles se dispersent comme des vapeurs d’essence , à l’idée de le contrarier et d’en souffrir les conséquences .

Ainsi donc , le climatologue , c’est lui !
Par son comportement , son style , sa manière de s’habiller , de parler ou d’aboyer les ordres , de sourire ou non , de décider de tout ou de déléguer tout ce qui ne relève pas de son niveau , il saura très rapidement , par osmose , faire planer sur toute l’entreprise , un climat lourd , chargé d’électricité , ou une brise légère , porteuse de vents favorables .

Quelques bonnes pratiques sont indispensables à ce patron climatologue

En voici quelques unes :

Réunir une fois par an en une convention annuelle , tout le personnel de l’entreprise , me semble être une mesure susceptible de rassembler de manière efficace , de faire partager ses soucis , de remercier , d’encourager , de réveiller les solidarités , d’encourager à puiser des énergies nouvelles , de rappeler le cap suivi , et surtout de communier dans les mêmes émotions

Veiller à entretenir une communication transparente , très éloignée de la presse du cœur qu’on nous sert généralement , est une autre manière de prôner des valeurs de vérité et de franchise .
Savoir se faire moquer de soi dans le journal d’entreprise , s’y faire carricaturer , est une hygiène indispensable pour éviter aux Dirigeants de se prendre la « grosse tête »

Exiger qu’aucun membre de l’encadrement en charge d’une équipe ne démarre une semaine sans la réunir , ne serait ce qu’une heure , pour faire le point , me paraît une mesure aussi simple qu’efficace pour éliminer les reproches constants faits à l’entreprise par ses salariés d’être tenus dans l’ignorance . Le faire de manière souriante et décontractée est un fort bon placement !

Attacher un soin particulier aux gens qui triment sur le terrain en les rencontrant sur place régulièrement est également une pratique incontournable
Les aborder de manière simple et souriante en pratiquant un peu d’humour est d’une efficacité redoutable !
En effet , qui mieux que les gens de terrain savent réellement « ce qui cloche » ?
Ils le savent mais n’en disent rien !

Outre le symbole de considération qu’elle représente , elle fera gagner beaucoup de temps .
Par défaut , on paiera de coûteuses missions d’études ou des audits , qui concluront , en moins bien , ce que les acteurs de terrain et l’encadrement de proximité savent déjà depuis longtemps !
Je me rappelle de cet Organisme qui dépensait chaque année des sommes folles en enquêtes de satisfaction auprès de ses clients dont le seul intérêt était de réaliser des camemberts de couleur , car tous les cadres et tous les salariés de l’entreprise savaient que les chiffres ne reflétaient pas la réalité du terrain mais servaient de cache sexe à l’impuissance managériale des Dirigeants face aux membres du Conseil d’Administration

La fête est une vraie thérapeutique d’entreprise
Réunir la communauté entreprise lors d’une manifestation ludique , n’est jamais de l’argent perdu .
C’est au contraire de l’argent bien placé qui rayonnera pendant des mois sur le climat de l’entreprise .
Mais tout n’est pas triste et noir dans les entreprises .
Il nous a été donné d’assister à quelques bacchanales modestes mais si rafraîchissantes :
- Fêter les catherinettes ,
- Organiser un tournoi de football inter services , un marathon – relais , une soirée années 60 , dans une vieille ferme
- Composer des troupes de théatre et les faire se produire au cours d’une convention
- Finir une journée de séminaire par un feu de camp sur la plage
- Remettre des oscars à des agents de proximité pour l’excellence de leurs travaux quotidiens , leur sens du service , leur meilleures idées d’économie ou même l’identification du plus gros gaspillage repéré ….
- Instituer l’usage du pot de service du vendredi soir etc ….
- Faire se produire un orchestre symphonique dans la cour de l’usine

Bref tout ou presque tout est souhaitable pour conserver l’enthousiasme de l’entreprise en phase pionnière .
Car , à l’exemple du savoir vieillir des vieux couples , le plaisir de vivre ensemble a besoin en permanence de recevoir une vigueur nouvelle

Ne vous méprenez pas, les réserves de fête qui sommeillent dans la tête de vos salariés sont innombrables ….
Il suffit de leur donner l’envie de les partager avec vous ! . Et la meilleure manière est de les faire participer en d’en confier l’organisation à des experts internes réputés pour leur sens de la fête , et vous en avez forcément ….
La fête couplée à un évènementiel d’entreprise est le meilleur des remèdes pour redonner du tonus à une entreprise .
Et le budget , même modeste , n’est pas , et de loin , un véritable écueil !
Alors qu’ attendez vous ?
Car même si le Patron n’est pas un bon climatologue , il vous est toujours possible , dans le service dont vous avez la charge , de faire souffler cette petite brise qui enchantera vos salariés tout en vous ménageant de bons résultat ….

L’action du DRH

Le comportement du DRH joue un rôle de premier plan dans l’image que les candidats et les salariés se font de l’entreprise
De votre comportement dépend que flotte ou non un climat souriant et un peu plus léger , non seulement à l’intérieur de la DRH, mais aussi dans vos relations avec les IRP, mais encore dans les réuniuons du comité de direction
Le sourire et la décontraction sont contagieux
Essayez d’emmener sur ce chemin votre DG et les managers de l’entreprise
Les nouvelles générations de salariés fonctionneront de plus en, plus au plaisir de faire et de moins en moins au devoir de faire

Du salarié professionnel au salarié performant

Lundi 30 juin 2008

Avoir des salariés professionnels est déjà une performance ( voir notre article su le management du professionnalisme ) en faire des salariés performants, c’est à dire capables de donner leur maximum, suppose d’autres conditions

Conditions exigées du Manager

Il sait recruter ou repérer le candidat ou le salarié qui possède les aptitudes qui le mettront à même de s’adapter plus rapidement que d’autres au poste à pourvoir.

Il choisit de préférence les candidats qui ont un projet professionnel, une vocation, correspondant au poste recherché car ils possèdent déjà une base de motivation forte pour le poste
Bien sûr, il choisit des professionnels compétents, autonomes, responsables

Il exerce un management susceptible de porter le niveau de performance de l’intéressé à sa capacité maximale car il est porteur d’exigences fortes !
Enfin, il veille à ce que le système de reconnaissance soit au niveau du système d’exigence , à ce que le salarié effectue un travail « épanouissant » et travaille dans un environnement agréable (ambiance de travail, conditions de travail… )

Conditions exigées du salarié

Il possède les aptitudes ou prédispositions qui lui donnent un avantage personnel et initial sur d’autres individus prédisposés à d’autres postes ou fonctions que celui pour lequel il postule.
Pas de performance possible si l’individu ne possède pas les qualités personnelles intrinsèques exigées par son poste et pas seulement le diplôme correspondant pour l’occuper !
On peut tous apprendre la musique, mais certains, prédisposés, sauront toujours en jouer de manière excellente tandis que nous ne ferons qu’en jouer !
En deux mots , il exerce un métier qui a rencontré son talent .
Il est passionné par son travail
Il est déjà un vrai professionnel dans son métier ou possède les éléments constitutifs qui vont lui permettre de devenir un vrai professionnel dans ce métier
Il est piloté par un Manager performant et travaille dans une entreprise performante

Conditions exigées de l’organisation

Le salarié performant travaille dans :

A ) Une organisation entièrement tournée vers l’action
Concrètement, ceci signifie que les phases de préparation de l’action sont courtes, que la prise de décision est rapide, que les responsabilités sont clairement établies, que les ordres donnés sont exécutés.
Il vaut mieux agir vite et se tromper que d’agir lentement en étant sûrs d’avoir tout prévu, parce que l’action sera forcément différente de l’idée qu’on s’en est faite

B ) Une organisation qui associe les intelligences plus que les acteurs
Pour agir vite il importe que seuls les acteurs capables d’apporter de la valeur ajoutée soient invités à préparer l’action.
Ceci ne consiste pas inévitablement à associer le plus grand nombre à toute prise de décision , mais à le faire participer à l’action au moment qui semble le plus adéquat pour la réussite de l’action.
Dans certains cas, ce sera dès la conception, dans d’autres, la majorité, ce sera juste avant le début de l’exécution, afin de s’en faire expliquer le sens, voire d’en discuter certaines modalités d’application.

C ) Une organisation axée sur le résultat
On ne dira jamais assez que les salariés ne donneront le meilleur d’eux mêmes qu’autant qu’on leur permettra de prendre de vraies responsabilités !
Le Centre de Profit ou de résultat est la seule structure managériale susceptible de générer de l’efficacité parce qu’elle est la seule capable de faire prendre de vraies responsabilités et d’offrir la liberté d’expression qu’il requiert au talent de l’entrepreneur !

D ) Une Organisation en petites unité , managée par des responsables disposant de la plénitude de leur fonction
La seule organisation qui vaille est celle qui est axée sur la liberté d’exercice du talent de l’entrepreneur, ceci signifie :
- une sélection de responsables de grande qualité
- la définition d’objectifs négociés de résultat
- la liberté du choix des moyens pour les obtenir
- un système de sanction adapté : salaire correspondant à l’exercice d’une vraie responsabilité, intéressement aux résultats mais aussi licenciement en cas d’échec patent, contrepartie des avantages financiers et de la liberté consentie.

Structurer l’entreprises en autant de cellules autonomes et responsabilisées qu’il est possible est une obligation incontournable .
Or, le management le plus couramment pratiqué est un management d’unités trop grandes, basé sur la méfiance donc sur le contrôle !

Le mécanisme est toujours le même :
On place à des postes de responsabilités des salariés qu’on ne croit pas réellement capables d’assumer seuls et sans surveillance les responsabilités qu’on leur confie !
On leur donne un titre, un salaire, on leur tient des discours « responsabilisants », on crée des structures décentralisées, mais, dans le fond, on ne fait que les mettre en capacité de dépenser des budgets définis en début d’exercice et sur lesquels ils devront rendre des comptes en permanence.

E ) Une Organisation qui possède une culture de l’exigence
« Pour être un champion , c’est dur » disait à la télé la grand mère de Jean Pierre Vidal , l’un de nos derniers champions olympiques à Salt Lake City .
Eux, connaissent la valeur de la sueur !
On avait fini par l’oublier !
La performance résulte de l’exigence, pas de la seule compétence et encore moins du seul diplôme !
La mission : qualité ou service du client, s’impose à tous !
Une organisation qui, bien intentionnée, fait primer les intérêts individuels sur l’intérêt collectif, sacrifie la mission.
Il ne faut pas confondre le social et l’humain,
Le bon patron se doit d’être humain mais exigeant.
Comme l’instituteur du début du siècle ,qui se faisait un devoir d’être exigeant pour élever ses ouailles à la connaissance, le patron moderne se doit d’élever ses salariés à la performance, afin qu’ils donnent le meilleur d’eux mêmes ,et non réduire son management à la satisfaction des petits conforts des uns et des autres.
Car ce faisant, il oublie de les élever au dessus d’eux mêmes pour ne satisfaire que la partie la moins noble de leur être, et en oublie souvent que son premier objectif est la mission à remplir !
Rappeler l’exigence n’est pas un appel à la régression sociale .
Car je ne me résignerai jamais à voir, d’un côté des salariés travaillant beaucoup, modestement payés , plus ou moins bien considérés, souvent mal défendus, et de l’autre , des salariés travaillant à la minute près ,protégés derrière un statut en or massif et des syndicats corporatistes, usant jusqu’à la corde le sens social de leur patron et les impôts du contribuable !
La sagesse nous indique pourtant que meilleur résultat est obtenu en ménageant un équilibre savant entre sécurité et pression car la nature humaine est ainsi faite !
Les grands et les petits , c’est pareil . Vous savez très bien ce qui arriverait si vous laissiez vos enfants livrés à eux mêmes face à l’obligation scolaire !
Or, paradoxalement le parent qui voir très clairement l’intérêt de l’autorité parentale , attend l’autorité de l’état dans la rue, se transforme souvent en salarié contestant l’autorité de l’employeur sur le lieu de travail
Que la Presse découvrant qu’une entreprise note ses salariés pousse des cris d’orfraie en dit long sur nos différences de perception quant aux champs d’application de l’autorité
Celle de l’employeur est clairement en crise
Ce plaidoyer ne s’applique pas à ces multiples entreprises plutôt petites où le Patron règne en despote mais à celles plutôt grandes où les contre pouvoirs syndicaux font la loi
Finalement l’homme est une drôle de machine : livré à lui même il se laisse aller, poussé à l’exigence il souffre , crie et gémit pour finir , longtemps après parfois , à reconnaître que son « maître » exigeant avait eu raison , car c’est lui qui lui avait permis d’apprendre son métier !

Conclusion :
A entreprise performante, salariés performants
L’Entreprise poussée à la performance est presque toujours celle qui , compte tenu du marché ou de la concurrence , n’a pas d’autre choix pour survivre que d’être performante .

Conclusion pour les salariés :
les individus ” performants ” préfèreront un style de management exigeant et responsabilisant . Les individus ” non performants ” préfèreront une liberté aliénée , une responsabilité restreinte et un système de reconnaissance faible , contre une protection assurée

Conclusion pour l’entreprise :
Celles qui sont confrontées à de forts enjeux , veilleront à n’embaucher que des individus partageant leur culture de l’exigence .
Il n’existe pas d’entreprises performantes acceptant de conserver des salariés peu performants
A l’inverse , des salariés performants auront beaucoup de peine à donner le meilleur d’eux mêmes dans des entreprises non performantes .

Sans challenge , pas de nécessité d’exigence , sans exigence , pas de performance
C’est pour cette raison que les entreprises protégées du secteur Velours ont tant de peine à être vraiment performantes !
Elles n’ont pas à se battre pour survivre
Et les salariés n’ont pas à être bons pour garder leur emploi !

L’action du DRH

La littérature managériale traite bien peu et bien mal du professionnalisme et du management de la performance
Ce ne sont pas des préoccupations à la mode
Et si on en parle, celà en reste au niveau du discours
Votre rôle consiste à faire du professionnalisme et du management de la performance des règles d’or
Le management de la performance, installé après le management du professionnalisme, doit structurer votre action et vos politiques