Archive pour juin 2008

Portraits iconoclastes

Lundi 30 juin 2008

La secrétaire de direction

Ce n’est pas marqué dessus , comme le port Salut , et pourtant , on la reconnaît de loin la secrétaire du Patron ;
A son statut , cadre souvent , à son tailleur , à la taille de son bureau à son salaire , à sa présence à des réunions confidentielles et surtout à son air :
Un air qui en dit long ;
l’air de quelqu’un sur qui rejaillit le prestige de l’important qu’elle sert ; l’air de celle qui en sait beaucoup plus qu’elle ne veut en dire , l’air de quelqu’un qui peut bien au delà de son appellation secrétariale
La secrétaire de direction ,c’est l’Eunuque de service , apparemment impuissante mais diablement présente ; il vaut mieux l’avoir dans ses petits papiers sinon , telle une chatte perfide , elle vous fera tâter de ses griffes , en souplesse , d’une petite réflexion opportunément envoyée aux oreilles de son puissant maître : ” avec celui là , c’est toujours ….”
Bien peu résistent à la délectation d’user du pouvoir d’influence que leur procure le ménage professionnel quotidien des lieux de pouvoir ;
La secrétaire de direction sourit plus qu’elle ne rit ; elle est pourtant la grande ordonnatrice des fêtes de la maisonnée ; mais elle a conscience de son rôle qui ne saurait se satisfaire de calembours ordinaires ;
Du grand livre de l’orthographe , elle est le censeur vigilant et corrige souvent le travail des secrétaires ordinaires en poussant des soupirs de désespoir ; sa culture l’autorise aux échanges subtils avec les cadres les plus cultivés ; son expérience lui fait irrémédiablement condamner les jeunes Bac + 2 ” pour abus de titre.
Mais attention aux généralités , les plus jolies ont moins besoin de culture ..et les plus moches sont condamnées à soigner un chignon impeccable , à posséder sur le bout du pouce le code des bonnes manières et à travailler plus que leurs consoeurs !
Plus la société est importante , plus la secrétaire du Patron rassemble les qualités de la professionnelle et celles d’une parfaite hôtesse !
Le petit Patron , quand il en a une , est beaucoup moins exigeant sur les formes mais beaucoup plus sur la quantité de travail ; elle lui sert souvent de contremaître et , si elle fait les payes en plus , les comptes seront assurément bien gardés ; drame ,quand la société grandit ! sa méconnaissance de l’anglais risque de la perdre …et lui faire descendre un étage !
La secrétaire idéale du Patron n’est pas mariée et a fait don de sa vie à la cause ; elle ne vieillit pas ou si peu et est la mémoire vivante de la société . Un mot ou quelques signes griffonnés lui suffisent à composer une lettre entière . Tout lui passe entre les mains , surtout les appels téléphoniques au bureau du directeur de cabinet du préfet ou du ministre ainsi que la composition florale du jour . Les femmes de ménage la craignent et les coursiers la respectent ; tout comme les traiteurs ; gare aux plateaux repas avariés car ils lui vaudront une réflexion désagréable du maître !
Les Agences de voyage la courtisent ; même si les conventions lui interdisent souvent d’y participer .
Championne du maniement des ciseaux , les articles ” intéressants ” de la presse et des revues spécialisées passent au rasoir tous les matins avant d’être dûment photocopiés et envoyés aux ” happy few ” du pouvoir
Sensible à ses horaires de travail , le Patron a fini par lui consentir l’usage d’une petite main bien utile et surtout très discrète .
Mais comment peut -on se sentir Patron sans secrétaire de Direction ?

Le directeur de production

Le Directeur de prod ‘ est un dur à cuire ! Les vapeurs de ses machines lui importent plus que celles du DRH ou du médecin du travail ; c’est qu’il n’est pas un utilisateur de moquettes , lui ; ni un habitué du dernier salon où l’on cause ! C’est un gars de terrain qui a sué sous le burnou avant d’en arriver là ; on ne lui fait pas le coup ! Turcs , arabes ou yougo , il les connaît ; le menuet verbal n’est pas son genre littéraire préféré et la ligne droite est toujours la plus efficace quand il a quelque chose à dire ; même l’emploi du temps du Directeur doit composer avec le rythme de ses machines .
Accoucheur , médecin ou réanimateur selon les cas , il veille sur la santé de ses lignes et s’enfièvre avec elles dès que ça tousse un peu ;
les spécialiste de l’entretien et de la qualité , empêcheurs de produire en rond , ne sont pour lui que des radiesthésistes charlatans , les syndicats , des chancres et les services du personnel ,de la sécurité et de l’environnement , de joyeux écologistes .
Quant aux commerciaux , mieux vaut ne pas en parler : ils n’ont toujours pas compris qu’il fallait vendre ce qu’on produisait ! pour le prix qu’ils sont payés en plus !
Les horaires , c’est carré ; le risque ça se mesure entre professionnels , chiffres à l’appui ; les heures supplémentaires ça ne se choisit pas , ça s’exécute ! Mais que font donc tous ces types assis dans les bureaux
à ergoter en permanence ? leurs statistiques sont les bonnes , celles des comptables toujours un peu bidouillées ;
c’est au cul de la machine que ça se passe , pas en boutons de manchette
“Envoyez moi l’inspecteur du travail , je vais lui expliquer comment ça marche ! Ah ! si seulement , il n’y avait pas tous ces bureaucrates ! ”

Le chef comptable

Des manches de lustrine dans la tête , le Chef comptable est un traditionnaliste et un bon exécutant ; son service ressemble toujours étrangement à une petite classe bien tenue ; la permission est requise des ” élèves ” pour aller faire pipi ; chiffres en colonne comme pleins et déliés sont la base du métier ; il frappe toujours 3 fois avant d’entrer dans le bureau du directeur qu’il laisse parler sa langue comptable comme s’il en connaissait plus que lui !
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme est une citation inconnue des comptables ; Ils sont les gardiens du chiffre ,fréquemment appelés à la rescousse quand les représentants du personnel semblent avoir compris ce qu’ils n’avaient pas à comprendre ;
Un petit camenbert et quelques pourcentages de charges comparées au sud est asiatique sauveront l’affaire .
La mécanique humaine et ses lois sont l’anti comptabilité ; ça ne sert qu’a dépenser plus quand lui fait tout pour l’inverse .
Le Patron est -il tenté d’y sacrifier qu’une petite multiplication de la générosité esquissée remettra les choses à leur place ! et sans les charges en plus !
Mais ils sont souvent gentils les chefs comptables , sans une once de méchanceté ; le sens critique leur est inconnu , dans tous les sens ; vers le haut comme vers le bas ; ce sont des techniciens qui font la guerre sans se poser de question convaincus que leur cause est forcément bonne ; La dimension politique des décisions leur est une langue incompréhensible ; plus apparatchicks qu’eux , tu meurs !
La chasse aux centimes est leur sport favori ; ils lui consacrent l’essentiel de leur temps de travail et même souvent leurs soirées à la maison ; mais quel bonheur de remettre 3 mois plus tard à son patron le VRAI chiffre , celui qu’on retrouve en additionnant en tous sens tous les comptes dans tous les livres ; certes l’ordinateur a brisé un peu le charme du métier mais c’est quand même bien pratique .

Le DRH

Son regard est foudroyant , jésuistique , psychanalytique , inquisiteur , empathique au choix ; c’est un regard de spécialiste ; des doigts nicotinés au fard des yeux , il va vous vous bâtir un schéma comportemental dont vous me direz des nouvelles !
Le Directeur du personnel , c’est le Grand Inquisiteur ; tout l’intéresse : du plus petit potin aux grandes manoeuvres politiques nationales , tout évènement passe au crible de son esprit aiguisé .
C’est le Foucher de l’Entreprise ; tissant avec minutie son service de renseignements , il sait que ses rapports lui vaudront plus de considération que la proposition d’une stratégie sociale dynamique et forcément un peu coûteuse
Il est de tous les coups , le DRH , surtout les coups fourrés ; ses exploits , hélas , demeurent le plus souvent cachés , mais ce n’est pas grave , ça ne fait qu’ajouter à la crainte qu’il adore inspirer !
Le jeu de go est sa Bible ; encercler ses adversaires sans les étouffer est sa stratégie favorite ; rendre son affidé le plus grand nombre possible de gens est l’aune de sa réussite ; ça sert toujours à un moment ou à un autre .
Dans tout DRH sommeille une Cléopatre cachée derrière son Pompée de Patron ; c’est sa manière à lui de prendre sa revanche sur des opérationnels qui le prennent toujours un peu de haut .
Le DRH est un grand séducteur ; tel un cobra , il endort ses proies en leur jouant de la flûte et ça marche plus souvent qu’on croit .
Son heure de gloire , il la vit quand l’Entreprise va mal : grève , accident du travail , licenciement économique ; c’est à ce moment qu’il est en pleine lumière et peut donner toute sa mesure car il focalise toute l’attention du patron . Hélas , les grèves se font rare ! heureusement , il reste les séances de négociation salariale , les nouveaux textes de loi et une grande classique :les séances annuelles d’augmentation individuelle
Les cercles de qualité ont failli lui conférer des galons d’opérationnel mais le coup a foiré .
Seconde tentative avec la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences , mais ce ne fut qu’une météore qui l’a vite fait rentrer dans le quotidien des licenciements économiques ; La certification , hélas , n’est pas de ses compétences . 68 ou 81 , c’était quand même le bon temps

L’institutionnel

Il a de l’allure , l’institutionnel ! fruit d’un amour coupable entre un faux entreprenant et un vrai rond de cuir , il s’affaire toute sa vie à se donner de l’importance ; tout lui est bon ; la moindre réunion avec un directeur quelconque , la moindre conférence , le moindre article de journal , la moindre visite du moindre sous préfet ou politique , tout le met en émoi ; car l’institutionnel ne vit que de la considération de la gente administrative ou politique ; que dire alors du ministre qu’il aura pu approcher quelques secondes ou , honneur suprême , près duquel il aura été photographié
Les temps étant ce qu’ils sont , l’institutionnel sait que pour se mettre en valeur , il lui faut rendre quelque service aux entrepreneurs ; il s’y emploie comme un fou en puisant dans l’arsenal inextricable des aides et subventions nationales et européennes quitte à prendre quelque liberté avec les critères d’obtention pourvu qu’on reconnaisse son utilité .
Le monde de l’Entreprise ne lui est pourtant que du chinois , il ne l’a jamais fréquentée ou n’y a pas réussi , mais peu importe , il veut l’aider , convaincu que sans son aide lui est vitale ; Le summum : réussir à organiser une réunion consacrée aux Entreprises en ayant obtenu à force de coups de téléphone qu’ un homme d’entreprise y témoigne en lui servant d’alibi , au milieu d’une cohorte de gens comme lui : justification de quelques semaines de travail en même temps que de son existence .
A côté de ces temps forts , sa vie se déroule fortement occupée par des réunions aussi nombreuses que variées mais toutes aussi improductives qu’inutiles .
Performance , compétitivité , licenciement , blocage des salaires , mondialisation s’appliquent à tous , sauf à lui , même s’il use en permanence de ce vocabulaire de combat .
Mais en France , c’est encore ainsi que les choses se passent : une armée de gens à l’abri de la tourmente économique , enfermés dans des bureaux douillets , vivent par et pour des entreprises qui n’ont pas besoin d’eux mais qui , apparemment , suffisent à justifier leur existence .
Point d’orgue d’une carrière grise , le besogneux savourera pourtant son heure de gloire , quand ses bonnes relations , à défaut de son mérite , lui vaudront la remise des palmes académiques ; ce jour là , devant un public admiratif et connaisseur , il troussera un de ces discours dont Landernau parlera encore longtemps après qu’aura sonné l’heure d’une retraite bien peu méritée …

Le Formateur en formation continue

Il est heureux le formateur ; une fois entré dans le circuit ,” ça baigne ” surtout s’il travaille dans le savoir être ! ” tout passe pourvu qu’on leur parle d’eux ! ” certes , il a fallu préparer le fond de cours mais l’investissement est rentable : l’Homme ne change pas tous les matins ;
Un gros tiers de théorie , un moyen tiers de cas pratique et un petit tiers de ludique , une pause café , un déjeuner animé et le tout est dans le sac! l’appréciation sera bonne .
Formateur est actuellement l’un des seuls métiers où l’on peut gagner beaucoup d’argent sans être obligé de prouver une véritable qualification . personne ne vous demande autre chose que de plaire et d’intéresser .
Le marché est vaste : stages demandeurs d’emploi , écoles en tout genre , salariés d’entreprises , il y en aura pour tout le monde ; il suffit de demander ; le formateur est capable en un tournemain de parler facilement de tout ; il a un trou ? pas de problême , un petit tour de table occupera la moitié de l’après midi à moins qu’une petite vidéo …
Car la Formation Continue a l’art de vendre en 3 jours ce qui pourrait facilement tenir en UN ! C’est la formation continuée …
Les Formateurs les plus remarquables sont les formateurs en communication car ils voyagent entre les abysses de l’être intime et la ligne de crête du métaphysique
Une fois gagnée la confiance du public , le formateur en communication se risque facilement à livrer sa fantaisie ésotérique favorite ,au choix : psychomorphologie , graphologie , numérologie , astrologie , … pour le plus grand plaisir de tous !
En effet , une proportion importante de formateurs en communication ,de culture psycho , ne peut résister au plaisir de faire part de son hobby en recherche psychologique , en rêvant d’ouvrir un cabinet de psychothérapie qu’elle n’ouvrira jamais . Malheur à vous si l’un d’entre eux perçoit de votre part la moindre interrogation existentielle , car ils vous assèneront une potion verbale qui vous fera douter à jamais de votre équilibre ! ce qui compte , n’est-il pas de faire partie de ceux qui sont ” en recherche ” ?
Nouveaux prêtres d’une société déboussolée , programmation neuro - linguistique et analyse transactionnelle constituent le latin qui crédibilise leurs cérémonies . Ils réussissent d’autant mieux leur prestation qu’ils s’adressent à un public insatiable de son ” moi ” .
Hélas , leur science ésotérique est aussi large que leur vécu du quotidien de l’entreprise est mince .
Pourtant ,ça se vend bien en Entreprise parce que les ” acheteurs ” de formation ont souvent partagé les mêmes études ;
Leurs confrères des cabinets de ” reconversion ” font preuve de la même assurance : Demandeur d’emploi ou salarié en repositionnement livré à la moulinette d’un cabinet spécialisé en gestion prévisionnelle des emplois agréé en bilan des compétences , ne te fais pas de souci ! il y a de fortes chances pour qu’une gamine armée des résultats d’une batterie de tests et de sa licence en psycho te gronde et te houspille comme le vilain petit garçon que tu es de ne pas te secouer plus ! drôle de corporation qui enseigne la vie à des gens qui ont vécu 3 fois la leur

Certes , Les Formateurs ne peuvent pas rivaliser avec les gourous de passage mais avec un petit diplôme obtenu facilement en formation continue , ils pourront finir leur carrière comme proff à part entière dans l’enseignement supérieur , le salaire en plus et les emmerdements de l’Entreprise en moins !

Le Dauphin

Les places de dauphin sont les plus recherchées ; et elles sont aussi nombreuses qu’il a de postes significatifs de pouvoir . Le profil idéal pour y atteindre , et s’y maintenir , consiste à greffer sur une formation reconnue de qualité , des vertus de travailleur , un culte avoué pour son entreprise et son chef et surtout , suffisamment de diplomatie pour éviter de se “griller” par des prises de position qui viendraient contredire les souhaits et les inclinaisons du chef ; en deux mots , le dauphin sait ” prendre le vent ” et est souvent le plus rusé et le plus hypocrite ; c’est aussi la raison pour laquelle il reste le plus souvent silencieux …
S’il prend la précaution d’allonger un peu ses soirées au travail , et a la chance de se trouver auprès du Patron dans quelque circonstance délicate , tous les espoirs lui sont permis . Si , en plus , il a le bon goût de partager les idées politiques voire religieuses de son Patron , il pourra même se permettre quelques faux pas sans encourir la mauvaise humeur ou la disgrâce du patron : il sera vite pardonné moyennant un petit simulacre de repentir…
L’épouse sera utilement mise à contribution , en manifestant un peu d’attention pour la femme ou la famille du patron : invitation à prendre le thé ou recommandation réussie d’un bon médecin généraliste ou d’une bonne école pour les enfants .
Le Dauphin est un fin politique que rien ne saurait distraire de sa seule raison d’exister : la conquête du pouvoir ! peu lui importe que vous ayez tort ou raison , il ne vous soutiendra que si le rapport de forces du moment vous donne une quelconque utilité ! car les vents tournent vite
J’ai toujours été stupéfait d’entendre louanger l’actuel Roi d’Espagne pour son habileté quand il a pu , sans se trahir , vivre dans l’intimité du dictateur Franco pendant 20 ans ! c’est dire si les dauphins sont des hommes d’une nature particulière ! que doit- on le plus faire , les admirer pour un sens peu commun de l’entregent ou les détester pour leur excellence dans la pratique de la dissimulation ?
Mon expérience m’a appris que la réussite va plus souvent à ces experts en dissimulation qu’à ces imprudents qui disent tout haut ce que tout le monde pense tout bas , souvent pour le plus grand bien de leur Société , et le plus grand mal à leur carrière !

Le secrétaire du CE

Il est tout rond , le secrétaire du CE ; on l’a d’ailleurs choisi pour sa capacité à faire le grand écart ! car , rien ne lui fait plus peur que le conflit !
Aussi , consacre-t-il toute son énergie à les étouffer ! rassurer le patron puis les Délégués ou l’inverse est sa mission . C’est le Champion du consensus toutes catégories . Aussi , ce qu’il préfère , c’est l’organisation de l’arbre de noël . Là , au moins , il fait l’unanimité .
Le compliment suprême : être taxé de ” quelqu’un de compréhensif ” par le patron . Le Compréhensif , c’est quelqu’un qui ne pose pas de question déplacées , n’est pas plus curieux qu’il convient , comprend avec empathie tout ce qu’on lui demande et sait répondre avec une candeur confondante à chaque fois que la situation se présente , ” qu’il comprend bien mais que les autres ne veulent pas comprendre , qu’il leur a dit mais que ce n’est pas facile à expliquer ” !
Le Secrétaire du Ce n’est pas regardant et accepte sans sourciller que le compte rendu des réunions du CE , remanié 30 fois et produit avec beaucoup de retard , ne ressemble pas tout à fait à ce qui s’est dit !
Le Secrétaire du CE écoute avec attention les explications de l’expert comptable de l’Entreprise , fait mine de comprendre , et s’excuse de fouler la moquette de la salle de réunion , trop heureux d’être admis dans le saint des saints de la Direction .
Il a conscience , par son comportement compréhensif , d’être le Garant de la paix sociale dans l’entreprise ! Le plus difficile , c’est d’annoncer par un petit coup de téléphone discret au patron , qu’il n’est pas pour la grève , mais que , vu sa position , les Autres ne comprendraient pas qu’il ne la fasse pas !
Le sélection des fournisseurs l’occupe beaucoup sauf s’il a pris soin de mettre en place des ” commissions ” , en ” grand manager ” qu’il s’imagine être parfois
Des places de cinéma aux coupons de réduction , il fait tout pour le bonheur de ses salariés consommateurs ! Les conditions de travail et de sécurité dévolues à l’une de ses commissions ne le préoccupent pas outre mesure , persuadé qu’il est que le Patron fait ce qu’il peut avec un médecin du travail aussi convaincu que lui même de la préservation du consensus !
Restructurations et fusions lui apparaissent toujours inéluctables ” vu le prix de la main d’oeuvre et des charges ” en France ! A sa décharge , il n’a pas les moyens de s’opposer aux technocrates du Patron ; sa culture et son pragmatisme le rendent plus aptes à organiser des tournois de foot ou de ping pong auxquels il ne manquera pas d’inviter le Patron qui le félicitera pour la qualité de son travail et son dévouement .
Dans le jeu de rôle du Bon , de la Brute et du truand , il n’est jamais la Brute , il laisse cela aux Délégués du Personnel ou aux Délégués syndicaux . On a les patrons qu’on mérite et les patrons , en retour , ont les Représentants du Personnel qu’ils méritent . Ainsi va le Monde , et pour longtemps encore , hélas

Méfaits de la pieuvre bureaucratique dans les entreprises françaises

Lundi 30 juin 2008

Roger Mucchielli définit la bureaucratie comme « une puissance ou un pouvoir pris par un appareil administratif de fonctionnaires des bureaux, primitivement chargé d’organiser l’activité sociale ,et finissant par s’attribuer toute l’autorité »

Plus simplement c’est l’influence pesante de l’appareil administratif tenu par des « bureaucrates »
La bureaucratie oppose implicitement « ceux des bureaux » à ceux qui n’y sont pas !
Je me souviens de cette usine papetière de Dordogne où l’on sentait très bien, au début des années 70 , cette « différence » entre les cols bleus et les cols blancs , ceux qui « étaient au chaud à « pondre des notes » ou « à tenir des conversations de salon » , et ceux qui « étaient au cul des machines » , dans le bruit , le risque , la chaleur et la poussière , jour et nuit .

Les premiers travaillaient à faire le résultat et souffraient d’avoir à rendre des statistiques aux bureaucrates soupçonnés de chercher à se mettre en valeur auprès de la Direction .
Des bureaucrates qui sans posséder d’autorité hiérarchique sur les productifs , les menaçaient d’avoir à rendre compte « a qui de droit » , s’ils ne fournissaient pas ce qu’ils demandaient .

Est ce que ça a vraiment changé ?
Le besoin de mesurer encore plus fin , l’énorme accroissement des outils à disposition des bureaucrates via l’informatique , la mode anglo saxonne du reporting ,n’a t elle pas encore accru le pouvoir des bureaucrates aux dépens des producteurs ?
C’est un étrange paradoxe que cet accroissement du pouvoir bureaucratique

Les services fonctionnels , grands pourvoyeurs de bureaucrates , devraient en théorie travailler à leur disparition, en rendant les producteurs « maîtres » complets de leur activité ,y compris dans sa dimension administrative et ils n’ont de cesse de les paralyser de mille liens .

En attendant l’ultime sacrifice , ne pourraient ils au moins laisser les producteurs travailler en paix en réduisant à l’extrême le poids de leurs exigences ?
Autre paradoxe , en France , les gens des bureaux sont souvent mieux rémunérés que ceux qui produisent ,souvent sur la seule justification de la possession d’un diplôme supérieur .
Le Bac + 4 des employés de bureau vaut souvent beaucoup plus que le Bac + 2 des techniciens …
La tradition culturelle est évidente. Héritiers du droit Romain : celui qui maîtrise l’écrit, vaut plus que celui qui n’écrit pas .
L’environnement de l’entreprise lui même n’est il pas devenu encore plus bureaucratique ?
Dans la seule DRH où je travaillais, j’ai vu ,au fil des années s’accroître le nombre d’enquêtes obligatoires à fournir régulièrement et de manière impérative, aux services de l’Etat , au point d’avoir un salarié qui n’était quasiment occupé qu’à cà !

C’est toute la société française qui vit avec la bureaucratie
Elle vit avec elle et la subit à un point tel qu’elle ne s’en rend même plus compte !
Elle vit avec , comme les soviétiques avaient fini par trouver normal de faire la queue devant les magasins !
Le groupe de travail Européen avec lequel j’ai eu le plaisir de mener une étude comparative sur les difficultés de la mobilité salariale dans 4 pays de la Communauté, a clairement désigné la bureaucratie française comme un obstacle majeur de l’adaptation des salariés étrangers à la Société Française .

Facteur aggravant , La bureaucratie se nourrit de toutes les activités de réglementation , législation , planification , normalisation, juridicisation , mesures et contrôles de tout sortes , dont l’inflation a été exponentielle .
Beaucoup plus grave , la bureaucratie contredit souvent les progrès du management .
Dans cet établissement public où j’ai travaillé , le secrétaire général avait fini par tuer la récente décentralisation, en mettant en place une énorme machinerie d’habilitation des signatures , avec la bénédiction du DG reprenant d’une main gauche bureaucratique la liberté accordée par sa main droite !
Inconnue dans l’entreprise en phase pionnière, elle infiltre peu à peu , comme une cinquième colonne , tous les rouages de l’Entreprise .
Un minimum de formalisme est bien entendu incontournable dès que l’Entreprise atteint une certaine dimension . Mais ce qui est en cause est tout ce qu’elle contient d’opacité et d’inutilité .
Mais le crime de bureaucratie profite à beaucoup de monde : Il est le symbole du pouvoir pour les uns ( voir la note de service ) , l’incapacité intellectuelle à écrire de manière synthétique et compréhensible pour beaucoup d’autres .
Il puise ses impuissances dans l’héritage insurmontable de nos apprentissages scolaires et universitaire dont la qualité se mesure au poids et à l’épaisseur des thèses , quand ce n’est pas à leur caractère abscons !
Mais son principal défaut est souvent la dilution des responsabilités qu’elle permet et l’obstacle entêtant qu’elle constitue quand il s’agit de passer à l’acte .

L’écrit est plus souvent l’ennemi de l’action que son serviteur .
Je ne peux m’empêcher d’observer qu’il y a corrélation entre les contraintes de l’action et la floraison bureaucratique .
Là où la contrainte de l’action et du résultat est forte , elle arrive plus facilement à repousser la tentation bureaucratique . Là où elle est faible , La bureaucratie fleurit comme primevères au Printemps et s’y épanouit avec jouissance .
Le langage de l’action par excellence n’est il pas le langage militaire de l’armée en campagne , réduit à sa plus simple expression ?
Mais dès que l’armée regagne ses cantonnements, elle se transforme en agaçante bureaucratie , à toute vitesse .
De toutes les Entreprises où j’ai travaillé , ce n’est pas un hasard si c’est dans l’Entreprise US que j’ai le moins subi le pouvoir des bureaucrates . C’et aussi celle où le sens de l’action était le plus fort !
Les Patrons entrepreneurs , souvent de formation non supérieure , et qui écrivent peu mais agissent beaucoup , en sont le contre exemple frappant .

Les Entreprises soumises à de fortes contraintes d’action et de réaction ( industrie , transports par exemple ) et dont le Patron , technicien de formation n’est pas un lettré , essayent de contenir l’impérialisme bureaucratique .
Le monde de la grande distribution n’aime pas beaucoup non plus la littérature d’entreprise non plus que celui des PME .
Certaines Banques et Assurances , les coopératives , les mutuelles , les Associations sacrifient allègrement à la bureaucratie . La nature de leur fonctionnement prudent , centralisé , soucieux de se préserver du battement d’ailes de la moindre mouche , des humeurs de leur environnement , les conduit à une extrême prudence et donc à nourrir une forte bureaucratie .

Les Administrations et Entreprises publiques , les collectivités territoriales sont , sans surprise , le paradis de la bureaucratie .
Le Professeur Philippe Even , respecté dans les cercles du pouvoir hospitalier , déclarait au Point ( 9 novembre 2001 ) « on pourrait supprimer les deux tiers des administratifs des hôpitaux de paris sans qu’il se passe rien »
Car la maladie de la machine de l’Etat tient d’abord au fait que ses Représentants sont tout sauf des Managers …

Claude Allègre révèle ( l’Express 20/7/200 ) « Après une étude comparative sérieuse qui a duré 2 ans et concerné plus de 20 pays , l’OCDE vient de décerner à la France le titre de championne du monde de la bureaucratie »

L’arrivée des procédures qualité a donné , s’il en était besoin , une vigueur nouvelle à la bureaucratie et finira par décourager les meilleures bonnes volontés !
La qualité du travail , en l’occurrence , se trouve plus dans l’apprentissage d’un vrai professionnalisme que dans les registres détaillés de milliers d’instructions ….
Mais le tropisme bureaucratique français a trouvé là une occasion trop belle de trouver une vigueur nouvelle
Plus grave , ce nouveau formalisme tatillon risque d’interrompre la boucle vertueuse de l’innovation permanente : quel salarié , quel cadre , ayant repéré une amélioration à apporter ne serait pas découragé en imaginant le nombre de procédures et documents qui seront à modifier s‘il rend publique et essaye d’introduire sa modification ?
L’implication de l’Etat dans la vie économique accentue , il va sans dire , encore le formalisme de l’écrit , malgré les souhaits répétés de nombreux politiques d’en réduire l’importance .

Les Français ont même réussi à exporter à Bruxelles leur amour de la bureaucratie alors qu’ils croient à l’inverse !
Pour m’être occupé de dossiers Européens , j’ai compris qu’il fallait une sacré foi dans l’Europe pour mener à bien quelque étude que ce soit tellement sa bureaucratie est décourageante !
Et le temps passé à constituer les dossiers mange souvent l’essentiel des gains espérés des subventions ou des aides …
On a crû que l’arrivée de l’informatique constituerait le début de la fin de l’âge d’or de la bureaucratie papier
Que Nenni , la plupart des entreprises ont seulement mis en place un double système d’information sans rien supprimer du premier : c’est à dire que maintenant , on a l’informatique plus le papier !

Conclusion
La bureaucratie se nourrit du manque de confiance de quelques uns pour le plus grand nombre !

Le bureaucrate croit qu’il n ‘est rien possible de faire sans tout écrire , tout vérifier , tout contrôler , et donc tout compliquer à l’extrême .
Il est aveugle de l’irresponsabilité et de l’inefficacité qui en est le résultat .
Il est coupable de couper court à toute initiative et donc à toute possibilité de création et d’invention .
Des bataillons de salariés , complices innocents , travaillent , sans s’en rendre compte , pour empêcher les autres de faire de leur travail quelque chose d’intéressant !
Optimiser les coûts de main d’œuvre consiste d’abord à réduire sûrement les tonnes de formulaires , questionnaires , reporting , contrôles de gestion , enquêtes , audit , procédures qui submergent les organes dirigeants et dont la valeur ajoutée reste à prouver ! .
Aller sur le terrain en apprendrait beaucoup plus aux Dirigeants sur la réalité de leur entreprise que consulter les milliers de chiffres qui leur parviennent tous les jours et qui ne servent souvent qu’à alimenter leur indécision .

Redonner le goût de l’action à ses Managers consisterait d’abord à réduire considérablement le poids des contraintes bureaucratiques dont on les assomme et qui les tient enchaînés à leur bureau quand leur utilité est de se trouver sur le terrain ou partout où il y a des idées nouvelles à quêter !

Mais comment faire ?
Il suffit que le Patron de l’entreprise déclare qu’aucun rapport dépassant une page ne sera lu et que seuls les travaux de reporting dont l’utilité ne serait pas devenue incontournable 1 an après leur disparition seront maintenus !
Préserver l’initiative et la Responsabilité consisterait d’abord à donner aux Responsables opérationnels les moyens d’assumer leur mission , sans se croire obligés de les doubler d’un lourd dispositif de contrôle ( les Directions fonctionnelles ) à la solde du pouvoir central !

Créer un poste de « vulgarisateur » de l’information dans l’Entreprise , chargé à la fois de combattre l’ ogre bureaucratique et de mettre en forme intelligible les formulaires et procédures indispensables constituerait à coup sûr un vrai progrès .

Des Patrons se demandent souvent comment optimiser leur organisation . Ils pensent souvent à tout sauf à réduire le poids de leur propre bureaucratie ……
Les efforts de productivité et de rationalisation fournis par les entreprises sur les postes de production , ont , jusqu’ici , fort peu touché le domaine administratif laissant une mine d’économies à réaliser .

Surtout , la manœuvre managériale exige de la souplesse et les entreprises n’en ont jamais eu autant besoin .
Décorseter les entreprises des cols empesés de leur bureaucratie leur redonnerait la souplesse dont ont besoin tous les défricheurs de l’entreprise , dont l’idée nouvelle se noie dans le formalisme ambiant .
L’entreprise a un urgent besoin de dégager des terres vierges pour ses intra preneurs , faute de quoi elle épuisera leur énergie et s’étonnera qu’ils aillent s’investir sur d’autres terrains d’aventure : ceux du temps libre et des loisirs personnels dont ils sont les maîtres .

Fondamentalement , Le problème de la bureaucratie pose clairement celui de la conception de la société et du pouvoir . Elle est d’abord dans nos têtes !
Il y a ceux qui croient que la création de richesses , l’action efficace , obligent à laisser le maximum le liberté aux entrepreneurs , aux salariés , et ceux qui pensent qu’il faut encadrer la liberté pour en limiter les excès , que ce soit celle des entrepreneurs ou celle des salariés …
Les uns et les autres ont raison . Les limites , qu’ils posent mal , au moyen d’y parvenir est la source de leur déraison .
Trop de liberté ici , trop de réglementation là .
Mais à choisir , je préfère le trop plein de liberté …..

L’action du DRH

Soyez en toutes occasions l’ennemi de la bureaucratie
Ne devenez pas vous mêmes, comme trop de DRH, un artisan forcené des notes sans fin , des consignes tatillonnes, des procédures complexes
Plaidez en permanence la supériorité de l’organisation souple
Luttez contre tous les services normalisateurs de l’entreprise qui ne pensent qu’à asujettir les producteurs dans leurs filets aux mailles serrées , tuant d’autant initiatives et prises de responsabilité
Soyez l’artisan d’une organisation débureaucratisée

Maximes et petites phrases aptes à aiguiser le jugement de Manager

Lundi 30 juin 2008

* Il n’y a pas une grande différence chronométrique entre une bonne et une mauvaise voiture de F1 , entre un excellent moteur et un moteur correct .
C’est la stabilité , la sérénité , la vision à long terme , la rigueur , le soin du détail , l’organisation , l’implication des bonnes compétences aux bons postes , la cohésion du collectif et le plaisir de travailler ensemble qui séparent un figurant d’un vainqueur !
Auto - Moto ( sept 2000 )

* La définition des objectifs et la capacité à les faire partager , c’est le rôle des gouvernants , à condition qu’ils abandonnent cette conception de la politique selon laquelle le gouvernement n’est fondé à agir que s’il est en phase avec les mouvements de l’opinion mesurés par les sondages . Il ne peut y avoir d’Etat efficace s’il n’est pas orienté et irrigué par un projet politique , une volonté . L’Etat , c’est d’abord un instrument de cohésion et de projection dans l’avenir .
JP Chevènement - l’Express 23/11/2000

* Les Américains ont moins d’accidents de voitures que les français , et pourtant ils n’ont pratiquement pas de permis de conduire

* Les créateurs , les artistes sont toujours des hommes seuls
Jospin à propos de son ex ministre de l’éducation nationale : claude Allegre

* Les créatifs ne sont pas diplômés , ils sortent souvent de la rue où ils ont frotté leur cervelle à celle des autres , au monde , ont changé de métier .
Seguela

* Sur les terrains de foot comme dans les entreprises , il y a ceux qui mouillent la chemise et les autres …( JB )

* le management raconté par les théoriciens , c’est une visite d’appartement , rarement la visite de l’immeuble , et souvent l’ouverture d’une pièce nouvelle dont on se demande à quoi elle va bien pouvoir servir ( JB )

* De tous les facteurs qui favorisent la délinquance , l’attitude des parents est le plus déterminant : quel que soit leur milieu social , pauvre ou aisé , les lycéens qui sont soumis à un contrôle parental faible commettent deux fois plus d’actes de délinquance que les autres .
La face cachée de la délinquance - l’Express 28/09/2000

* Le problème de l’avenir n’est pas celui du comment , c’est celui du pourquoi
Goedevert

* Le changement part rarement de la base parce que la base est toujours conservatrice

* Le Paradis terrestre est là où l’homme sait spontanément ce qui est bien et le fait

* Les systèmes managériaux sont tous tentés par le totalitarisme de la clef unique ( JB )

* Les Employeurs cherchent d’abord des gens qui ont envie de travailler . Les former n’est que secondaire . le taux de requalification de la main d’oeuvre non qualifiée est 5 fois plus efficace aux Etats unis qu’en France .

* Les Entreprises axées sur le profit manquent de Patrons humanistes et les Organismes à finalité sociale manquent de patrons exigeants ( JB )

* Comment voulez vous inciter des gens à réaliser des gains de productivité s’ils ne sont pas partagés ?

* Savoir arrêter la production en cas de problème , ça ne s’apprend pas dans les diplômes !

* Pour les Dirigeants comme pour les salariés , l’entretien d’évaluation est une vraie corvée , alors pourquoi ne pas le supprimer ?

* On a tellement plus de plaisir à rendre un service qu’à satisfaire un droit ! ( JB )

* Selon l’OCDE , la part de la population active sousqualifiée serait de 30% en France contre 14% aux Etats Unis . Contrairement à une idée reçue , l’économie américaine a su créer des emplois à tous les niveaux de qualification . Le taux de chômage est de 2% pour le tiers de la population américaine la mieux formée , mais il n’est aussi que de 7% pour le tiers le moins qualifié . Cet exemple montre que la réduction du taux de qualification est possible à condition que les entreprises abandonnent l’élitisme dans le recrutement , de revoir en grande partie notre système de formation . Challenges N° 149 bis - Août 2000 -

* Hollywood , c’est un idéal d’européens !
Carl Laemmle , le futur fondateur d’Universal , a traversé l’Atlantique après la mort de sa mère et la ruine de son père , Adolph Zukor , patron de la Paramount est un orphelin originaire de Hongrie , Wiliam Fox , qui va fonder la Fox Corporation , a vu son père mettre sa famille sur la paille et le détestait assez pour cracher sur son cercueil …
Quant à Luis B Mayer , de la Metro Goldwynn Mayer , il ne se souvient ni du jour ni du lieu de sa naissance en Russie !
Tous ces hommes ont en commun autant leur origine qu’un rejet profond de leur passé !
L’Express - 3/8/2000 .

* Le succès de la culture cinématographique américaine tient à ce qu’elle consacre la primauté de l’individu sur le groupe . Dans un film américain , il y a toujours un Tom Cruise qui sauve le monde ou casse la gueule au reste de la planète pour rétablir le bien .
Un monument des sixties comme Easy Rider offre le même message que reprennent toutes les méga productions d’aujourd ‘hui : la décence , l’intégrité , et le courage de l’individu face à la corruption du groupe .
La culture hollywoodienne consacre toujours la primauté de l’individu .
L’Express 3/8/2000

* La seule question managériale est : De quel genre de salariés avons nous besoin ? De quelle organisation avons nous besoin ?

* A l’origine de la fondation des USA , il y a une volonté d’être riche avant celle d’être libre !
Jefferson

* Ecrire un essai classique , c’est toujours partir de zéro , ne tenir aucun compte de la bibliographie . Car le monde actuel est si frelaté que ne tenir aucun compte des modes récentes , c’est pratiquer une hygiène indispensable !
René Girard , philosophe . L’Express 13/7/2000

* L’imitation et l’expérimentation sont la base d’acquisition du savoir faire ( JB )

* Le Commissaire aux comptes , c’est le grand méchant loup des comptables qui veulent faire peur aux autres ! ( JB )

* Les hommes ne sont intrinsèquement presque jamais mauvais, c’est le rôle qu’ils jouent ou qu’on leur fait jouer qui est souvent discutable .( JB )

* Il faut savoir mettre un petit d’art dans son entreprise ou un petit peu d’esprit d’entreprise dans son art ( Jouvet )

* Relations sociales , une triple option doit toujours être proposée :
- On se téléphone et on se tutoie
- On s’écrit et on se dit vous
- On se fait des procès et on dit ” la partie adverse ”

* Le meilleur patron est toujours celui qui sollicite ce qu’il y a de meilleur dans l’homme , à condition qu’il y ait quelque chose à solliciter ! ( JB )

* S’adresser au meilleur de l’homme , c’est presque toujours s’adresser à l’enfant qu’il a été , et faire référence à sa fraîcheur , sa spontanéité , son authenticité , sa simplicité , son honnêteté , sa générosité , et non à l’être qu’il est devenu , au rôle qu’il se croit obligé de jouer .

* La ligne de fracture , en tous domaines , passe souvent par le clivage qu’on peut établir entre les Anciens et les Modernes ! ( JB )

* On ne fait rien sans de Grands Hommes ( Charles De Gaulle )

* Les études supérieures tuent souvent l’esprit d’entreprendre quand ce n’est pas le goût de l’action , parce qu’on n’a plus rien à risquer ! Elles ne servent souvent qu’à entretenir le goût de la spéculation intellectuelle .

* La voie du plus grand risque est la voie du plus grand succès ( Bergson )

* Dans une culture encore largement imprégnée du judéo chrétien , le management participatif trouve peut être sa source dans l’idée chrétienne de communauté . On ne peut pas être chrétien tout seul !

* Ce qui compte , ce n’est pas le principe de la procédure , c’est son orientation , son sens .
Si elle est faite pour servir le sommet stratégique , elle renforce la centralisation .
Si elle est faite pour faciliter l’exécution du process , elle contribue à la productivité .

* Dans les entreprises privées , l’efficacité est recherchée parce qu’elle satisfait le but du profit.
Dans une entreprise publique ou institutionnelle , c’est la conciliation dont l’effet est souvent inefficace qui est recherchée parce qu’elle satisfait la représentation institutionnelle .

* Après une étude comparative sérieuse qui a duré 2 ans et concerné plus de 20 pays , l’OCDE vient de décerner à la France le titre de championne du monde de la bureaucratie . Une étude similaire du Commissariat général au Plan conduit à une conclusion similaire : La France doit se débureaucratiser et moderniser son appareil d’état .
Claude Allegre ” Avis à la bureaucratie ” L’Express 20/7/2000

* Seules 35 % des informations reçues en formation sont conservées trois mois après la fin de cette dernière !
Source : Mercuri International

* Plus les individus sont en situation difficile , plus le manque de culture est criant , plus il faut rechercher la profondeur , l’essentiel .
A la surface , on n’a aucune chance de se rencontrer . On ne peut se rejoindre que dans l’essentiel , les bases , les fondements .Pas la légèreté , mais la gravité . L’école n’est pas la rue , ni la télé , ni le supermarché . C’est un lieu de prise de distance par rapport à la dictature du présent .
A l’école on doit avoir le temps , le temps de se poser . La vitesse , l’instantanéité , la transparence , l’équivalence m’ennuient ! La plus courte distance n’est pas celle dans laquelle on s’épanouit le plus . »
Denis Guedj , mathématicien

* ” Nous vivons à l’époque du surmenage et du manque d’instruction ; l’époque où les gens sont si industrieux qu’ils en deviennent complètement idiots ”
Oscar Wilde

* ” L’initiative , c’est une question de couilles plus un minimum de prêt ! ”
Guillaume Bretin - Créateur d’entreprise

* Humaniser l’homme par la culture , c’était la grande promesse des lumières . Au fur et à mesure que déclineraient les croyances religieuses , affirmait Voltaire , les haines se dissiperaient
La fin de la croyance se révèle un processus beaucoup plus dangereux que ne l’avaient prévu les philosophes . En quête d’un enfer , nous avons appris à l’édifier et à le faire fonctionner sur terre . Nous connaissons non seulement une crise de la culture , mais aussi un renoncement à la raison .
La promesse des lumières n’a pas été tenue . Les bibliothèques , musées , théatres , universités peuvent très bien prospérer à l’ombre des camps de concentration . Nous le comprenons maintenant : la culture ne rend pas plus humain . Elle peut même rendre insensible à la misère de l’homme .
George Steiner

* ” Vous êtes un homme en angles aigus , je suis fatigué des hommes ronds ”
F Mitterrand à Michel sardou

* Ce qui compte , dans le travail , ce n’est pas ce qu’on est , ni ce qu’on écrit , c’est ce qu’on fait ” ( JB )

* ” A la tête de ma cité , je mettrai des poètes et des prêtres et ils réveilleront les hommes ”
Saint Exupéry

* « Une société qui ne se préoccupe que de protéger contre les risques est une société tournée vers le déclin .
Le risque zéro n’existe pas , ou plutôt , il n’existe qu’après la mort pour un individu comme pour une société . Le dynamisme , l’effort , la vie , c’est le risque . Les pays asiatiques , menacés par les volcans , les séismes et les cyclones , sont économiquement les plus dynamiques . La menace du Big One ne paralyse pas la baie de San Francisco , elle la dope
( Principe de précaution , piège à cons )
Claude Allègre .

* On confond trop souvent les gens sympathiques avec les gens qui ont du talent et les gens qui ont du talent avec les gens pas sympathiques . ( JB )

* ” Il y a un grand fond de vanité mais aussi de naïveté chez les intellectuels ”
Maurice Béjart

* ” Il ne faut pas se laisser entortiller par les psychanalystes et autres fumistes ”
De Gaulle à Alain Peyrefitte , pendant la crise de Mai 68

* Le rôle de l’école est d’émanciper l’être humain en lui transmettant des savoirs , mais aussi des savoir faire et des vertus . C’est par le mérite et le travail qu’on s’élève .
Aujourd’hui , être de gauche , c’est refuser de soutenir un collège uniforme qui dédaigne la diversité des intelligences et pratique l’acharnement académique par mépris pour la technologie et les savoirs professionnels .
Jean Luc Mélanchon ( ministre délégué à l’enseignement profesionnel - 22/03/2001 )

* Que tous les voyageurs mènent leur chemin . Puissent ils accomplir la voie qui est leur destinée et , leur mission accomplie , retrouver leurs proches et ceux qui leur sont chers !

* Sans liberté de blâmer , il n’est point d’éloge flatteur . Il n’y a que les petits hommes qui méritent les petits écrits . Beaumarchais

* L’important n’est pas de vaincre mais de faire ce qui est juste et d’être en paix avec sa conscience . Ali Butho

* Plutôt rompre que plier , car nous sommes des hommes libres
( Jean Bretin )

* La vie est trop courte pour qu’on la gache, en acceptant d’obéir tout le temps ( JB )