SNCF : l’adoubement syndical
Vendredi 22 février 2008Monsieur Pepy a remplacé Me Idrac comme Dirigeant de la SNCF
C’était écrit depuis l’entrée en fonction de ME Idrac, lorsque , fort imprudemment, elle avait pris à rebrousse poil les syndicats de l’entreprise publique
Car, en france, l’Etat patron ne prend pas ou ne reprend pas le risque de mécontenter ses syndicats
Je ne juge pas des mérites de Mr Pepy,qui sont sans doute grands, mais d’un mode de gouvernance très critiquable
En effet, le Dirigeant d’une grande entreprise publique française nommé dans ces conditions sait fort bien qu’il doit une partie de sa nomination aux syndicats
Vous imaginez tout de suite que le même Dirigeant ne pourra pas avoir la marge de manoeuvre qu’il devrait avoir, s’il n’avait pas été nommé avec l’assentiment de tels parrains…
C’est ainsi qu’on a vu il y a quelques années un Louis Gallois, fort apprécié du monde syndical, découper en minutes le lundi de la pentecôte pour ne pas priver ses syndicalistes d’une journée…..
Qu’en aurait il été du plan power 8 s’il n’avait pas été initié par un cadre issu de l’affreux secteur capitaliste : Christian Streiff, et si les actionnaires privés n’avaient pas été là pour en rappeler l’ importance ?
Louis Gallois est l’homme idoine pour mettre de l’huile dans les rouages…
Un délégué syndical central, ayant ses entrées au ministère, m’a confié il y a quelque temps que le cabinet du ministre l’avait sondé pour connaître son avis sur tel ou tel futur présidentiable
Imaginez le pouvoir de cet homme face à son futur patron ?
Les syndicats du secteur public soutiennent de préférence des personnes qu’ils connaissent depuis longtemps, qui ne sont pas suspects de pratiques empruntées au secteur capitaliste, qui pratiquent à haute dose le dialogue social ( c’est à dire qu’ils réunionitent beaucoup et trouvent des compromis impossibles ) et qui ,de préférence sont des haut fonctionnaires ayant travaillé dans des cabinets de ministères de gauche.
Comment voulez vous, dans ces conditions, que le management des entreprises d’état évolue sensiblement ?
Car, de quelles références en terme de management et d’organisation dispose un dirigeant qui n’a connu qu’une entreprise dans sa vie ? Au contraire, sa connaissance approfondie de centaines de personnes fréquentées au cours de sa vie professionnelle le ligotent de mille liens qui le rendent impuissant, tel le lion de la fable .
Car ce qui paraît impossible à l’homme en place est souvent simple à réaliser pour un nouveau venu, mais l’homme en place ne le sait pas ou n’ose pas.
Heureusement la machine a des ratés
Christian Blanc, haut fonctionnaire pourtant, chez Air France, a provoqué de spectaculaires évolutions, en s’appuyant sur la base pour légitimer un plan de redressement que les syndicats n’auraient jamais laissé faire autrement….
Mais, pour un homme de cette trempe, combien de dirigeants gèreront l’entreprise au fil de l’eau en prenant bien soin de ne jamais contrer de manière ” déraisonnable” les puissances syndicales.
A quoi leur servirait il de disposer de plus de sièges au conseil d’administration de ces entreprises quand on a un tel pouvoir d’influence ?
Conclusion : Si L’Etat veut faire évoluer ses entreprises publiques, il devra cesser ses misérables combinaisons de couloir avec les centrales syndicales et prendre les moyens de s’associer les services de managers modernes et humains.
Il suffit de s’adresser aux chasseurs de têtes plutôt qu’aux syndicats.